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La réalité virtuelle utilisée pour des opérations du cerveau patient éveillé

Si certains se plaisent à rabâcher à chaque nouvelle information sur le sujet de la réalité virtuelle “que ça ne marchera jamais et que dans un an plus personne n’en parlera“, c’est oublier que les évolutions techniques n’ont pas pour seul intérêt de donner toujours plus de sensations au joueur de jeu vidéo. Le CHU d’Angers, l’équipe du professeur Philippe Menei et l’école d’ingénieur ESIEA en font la preuve, associant l’Oculus Rift à des actes de neurochirurgie.

CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=180597CC BY-SA 3.0, WikimediaTout d’abord, faisons un point sur ce qu’est la neurochirurgie. C’est une discipline chirurgicale spécialisée dans la chirurgie du système nerveux central et périphérique. Pratiquée de longue date (les premières trépanations datent de la préhistoire), puisque des écrits attestent de vrais actes de neurochirurgies pratiqués dès 887 en France (source : Neurochirurgie.fr), c’est une science qui a réellement fait d’énormes progrès (inversant la courbe de mortalité postopératoire) à la fin du XIXe siècle. En gros et pour faire simple, cerveau et système nerveux ont longtemps été diagnostiqués sans pouvoir réellement les soigner, mais les récentes découvertes (en chirurgie et neurologie) ainsi que les avancées techniques de notre époque ont réussi à faire évoluer cette science pour approcher son entéléchie.

Si l’acte “mécanique” de soin est une chose maîtrisée (ce n’est pas pour rien qu’un neurochirurgien fait 13 à 15 ans d’études après le BAC pour qu’on le laisse pratiquer), toucher à un organe complexe comme le cerveau humain demande beaucoup de retenu. En effet, s’il est “simple” de manier le bistouri pour enlever ce qui ne va pas, savoir dissocier ce qui est essentiel à la vie du patient de ce qui peut être retiré sans trop de dommages collatéraux n’est pas simple. Pour arriver à savoir ce qu’ils font, les neurochirurgiens ont opté pour une approche pluridisciplinaire (accompagnés de neuropsychologues, orthophonistes et anesthésistes) et un traitement éveillé des patients. La chose peut sembler irréelle, mais si c’est notre cerveau qui nous avertit d’une douleur, il n’est pas lui-même sensible et une fois le crâne ouvert, un neurochirurgien peut “travailler” dessus sans que le patient s’en rende compte.

De cette manière, le patient éveillé peut répondre à des questions et stimuli, point qui a permis d’éviter de toucher à des zones du cerveau reliées à la parole ou encore à la motricité. Jusque là, le neurochirurgien utilisait une électrode pour solliciter certaines parties du cerveau et vérifier (à l’aide du reste de l’équipe et d’un catalogue de questions/sollicitations) que son acte n’allait pas toucher à quelque chose d’essentiel à la vie du patient. Cette méthode a ses limites, ne pouvant pas tester de fonctions complexes comme l’exploration de l’espace ou la prise de décision dans une situation donnée, et c’est ici que l’Oculus Rift, ainsi que tout le programme développé autour, entre en jeu pour permettre de concevoir des tests visant à solliciter des fonctions particulières et à surveiller.

neurochirurgie oculus rift

Pour l’exemple du premier patient opéré d’une tumeur au cerveau à l’aide de ce dispositif au CHU d’Angers, la personne avait déjà perdu l’usage d’un oeil et il était essentiel de préserver le fonctionnement de l’oeil restant tout en l’opérant. Le test était alors conçu en 2D avec un accent mis sur la capture des mouvements de l’oeil. Une première mondiale qui va permettre non seulement d’offrir un meilleur traitement aux patients, mais aussi de faire avancer la cartographie du cerveau, en permettant de savoir à quoi sert chacune de ses parties. Le Pr Menei imagine déjà s’attaquer au mythe voulant qu’on n’utilise que 10% de notre cerveau, car si on venait à cartographier l’intégralité du cerveau on pourrait prouver qu’il n’y a en fait aucune partie qui est inutile. La cartographie ayant toutefois ses limites (car nous sommes tous semblables, mais différents), elle permettrait toutefois d’éviter de toucher à des points essentiels, ce qui le mène à préciser ceci :

Le cerveau est un peu comme un ordinateur, il y a des programmes système qu’il ne faut surtout pas toucher, et puis il y a comme une mémoire vive qu’on peut un peu atteindre sans que les conséquences soient trop importantes. Nous serions ainsi amenés à choisir les fonctions à sauvegarder en fonction du patient, de son activité professionnelle ou à ses choix (pratique du calcul mental pour les mathématiciens, préservation du champ visuel pour le conducteur de bus, etc.). À ce stade, la technique soulèvera un certain nombre de questions éthiques.

Car comme toute avancée technologique (et surtout dans le milieu médical), la réalité virtuelle apporte autant de solutions que de questions au sujet de son application. La plus évidente étant de savoir si une situation présentée en réalité virtuelle est aussi “réelle” que celle vécue dans le vrai monde. Point sur lequel le Pr Menei conclura :

C’est une question sur laquelle travaillent déjà plusieurs équipes de neurosciences. Et c’est vrai que les techniques de réalité virtuelle – comme toutes les innovations de rupture – apportent finalement plus de questions que de réponses. Cela dit, la réalité virtuelle s’est déjà montrée efficace pour traiter les phobies par exemple. Ce qui laisse croire que ce décalage entre réalité et virtualité n’est pas forcément un problème. Mais c’est clairement un champ à explorer.

La science évolue toujours et sait se servir de tout ce qui est mis à sa disposition. Premièrement pensé pour le jeu vidéo, l’Oculus Rift ouvre de grandes possibilités dans les sciences médicales et comportementales. Cette innovation française assure au final que si ces casques de réalité virtuelle risquent de vite se retrouver dans le placard de Jean-Kévin, ils ne seront pas arrivés sur le marché pour rien. (source : Sciences et Avenir)

A propos de l'auteur

Sébastien

Passionné depuis toujours par l'informatique et les jeux vidéos, je transforme ma passion en expertise. J'utilise quotidiennement les outils et systèmes Microsoft. Je ne délaisse pas mon côté ouvert, notamment via l'utilisation des OS Debian et Archlinux.

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