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Utiliser un drone pour « penser l’immobilier autrement »

Utiliser un drone pour « penser l'immobilier autrement »

Le drone, une solution innovante connue pour ses prises de vue inédites dans des lieux difficilement accessibles. Ses avantages séduisent de plus en plus de professionnels, dont ceux de l’immobilier.

Mais qui dit engin volant dit aussi pilotage et réglementation. Pour en savoir plus, nous avons interviewé Patricia Gérard, directrice d’une agence immobilière dotée d’un département drone.

CCM – Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre entreprise ?

Patricia Gérard – J’ai été directrice d’une agence immobilière pendant plusieurs années et j’ai ouvert Uzege Immobilier en septembre 2016. Je souhaitais faire quelque chose de différent dans un secteur concurrentiel et très touristique de 48 villages, Uzès en tête.

CCM – Pourquoi un drone ?

PG – Après avoir étudié ce qui fonctionnait et ce que les gens attendaient, j’ai souhaité proposer des prestations différentes pour penser l’immobilier autrement et redorer le blason des agences qui n’ont pas toujours bonne presse. Le but est de rassurer les clients : nous ne sommes pas là que pour prendre notre commission.

On sait que le visuel est très important sur Internet et sur les réseaux sociaux, c’est la première accroche avec les clients. Or la plupart des gens qui achètent sur le secteur ne sont pas des locaux et effectuent leur première recherche sur Internet. Il est primordial de constituer un bon dossier photos et le drone nous a semblé être l’outil le plus pertinent.

CCM – Quel type de drone utilisez-vous ?

PG – Mon mari est pilote de drone et possède sa propre société. Nous utilisons des appareils professionnels à haute définition, légers et maniables, comme le Phantom 4.

CCM – Quelles démarches avez-vous dû accomplir ?

PG – On pense qu’il suffit d’obtenir une autorisation écrit pour survoler une propriété, mais c’est bien plus compliqué que ça. Un particulier a le droit de survoler sa propriété ou d’aller chez quelqu’un qui lui donne l’autorisation mais il ne peut pas utiliser les images pour en faire de la publicité.

En premier lieu, mon mari a dû passer le diplôme d’ULM car il n’existe pas encore de diplôme spécifique de télépilote. La législation très compliquée, avec au moins 400 pages à apprendre ! Il s’agit d’un investissement lourd et beaucoup renoncent pour des questions de budget et de temps. Cependant ils ne sont pas dans le cadre de la loi et risquent des peines lourdes.

Il faut ensuite attendre l’accréditation de la DRAC à renouveler tous les ans, puis trouver une assurance pour le télépilote. Tout le monde casse un drone au moins une fois qu’il soit expérimenté ou non (à cause d’une coupure de Wi-Fi par exemple). Le drone est également sujet à de grosses inquiétudes : il peut blesser mortellement s’il tombe, sans parler des possibles dérives terroristes. Il nous a fallu plus d’un mois pour trouver un assureur correct qui prend en charge le matériel et la responsabilité individuelle du télépilote.

Une fois que vous avez tout ça, vous pouvez exercer votre profession chez un particulier, mais des demandes doivent encore être faites pour survoler des villages. Elles sont rarement refusées aux personnes diplômées mais elles nécessitent des tests et des visites préalables. La proposition d’une mise en scène dans le dossier de demande de permis de vol implique 2 à 3h de démarches en amont. Et ce n’est pas encore fini : mon mari a également suivi une formation chez Apple pour apprendre à monter des films.

La législation va encore se durcir en 2017. Certains confrères souhaitent commencer à utiliser des drones mais je sais très bien qu’ils ne sont pas agréés et c’est une vraie problématique dans notre métier.

CCM – Diriez-vous que les gens sont mal informés ?

PG – Je vous réponds oui tout de suite ! Il y a une sorte de flou artistique alors que le texte de loi est très facile à trouver sur Internet. C’est comme conduire sans permis, on est dans le même schéma. Malgré l’engouement que suscitent les drones, je trouve que les gens font preuve de laxisme.

CCM – Comment utilisez-vous le drone ?

PG – Grâce au drone, nous obtenons des vues aériennes jusqu’à 150 mètres (limite autorisée) avec une vision complète de l’environnement : nous pouvons montrer tout le parc et la parcelle. L’appareil permet aussi de filmer des lieux difficiles d’accès comme les propriétés en bord de mer, de falaise ou en forêt. Nous captons des images jusqu’alors inenvisageables, en plus d’obtenir des visuels innovants qui attirent le regard. Sur une minute de vidéo, nous pouvons donner toutes les informations importantes avant même de faire une pré-visite.

Pour 2017, nous avons opté pour une Spedicam afin de réaliser des visites virtuelles en qualité film pour faire tout ce qui n’est pas faisable avec le drone à l’intérieur des biens.

CCM – En quoi l’utilisation d’un drone a-t-elle modifié votre activité dans l’immobilier ? Quels sont ses avantages et sa valeur ajoutée ?

PG – Le drone est révolutionnaire car il est encore très peu utilisé dans l’immobilier. J’y vois tout d’abord un avantage qualitatif : nous donnons un lot d’informations complémentaires qui ne pourraient pas être données sans drone.

De plus, le drone est souvent attribué aux biens très qualitatifs et les agences qui souhaitent l’utiliser font plutôt appel à un prestataire extérieur. De notre côté, nous souhaitons offrir une prestation accessible à tous les budgets. Cela nous semble intéressant de développer cette possibilité pour tous les clients dans un objectif de faciliter les ventes.

CCM – S’agit-il d’une solution coûteuse et quel est le retour sur investissement ?

PG – Chaque appareil coûte entre 1 500 et 2 000 euros, et notre investissement global atteint les 10 000 euros. Notre retour sur investissement sera chiffrable dans 6 mois.

CCM – Quels conseils donneriez-vous à un autre professionnel (de l’immobilier ou non) qui souhaite se lancer ?

PG – Être dans le cadre de la loi car elle va se durcir en 2017, ne serait-ce que l’examen de télépilote. Faire n’importe quoi avec un drone constitue une prise de risque majeure. Et suivre des formations régulièrement car utiliser un drone est comme tout métier : ça s’apprend !

Repères

Uzege Immobilier

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A propos de l'auteur

Sébastien

Passionné depuis toujours par l'informatique et les jeux vidéos, je transforme ma passion en expertise. J'utilise quotidiennement les outils et systèmes Microsoft. Je ne délaisse pas mon côté ouvert, notamment via l'utilisation des OS Debian et Archlinux.

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