Test jeux vidéo
8,5 / 10

Excellent

007 First Light

Test 007 First Light : James Bond réussit-il sa première mission ?

Après plusieurs années d’absence, James Bond revient dans 007 First Light, une aventure originale développée par IO Interactive, le studio derrière la trilogie Hitman. Entre infiltration, gadgets, combats et séquences dignes d’un blockbuster, ce jeune Bond parvient-il à réussir sa première mission ? Voici notre verdict.

9 min de lecture Excellent

Après plus d’une décennie sans véritable aventure vidéoludique digne de l’agent secret britannique, James Bond revient sous les projecteurs. Et pas avec n’importe qui aux commandes : IO Interactive, le studio danois derrière la trilogie moderne Hitman, s’attaque à l’une des licences les plus prestigieuses de la pop culture.

Avec 007 First Light, pas question d’adapter un film existant ou de ressortir une copie modernisée de GoldenEye. Le studio préfère repartir de zéro et raconter les débuts d’un James Bond encore jeune, impulsif et loin de maîtriser tous les codes du MI6.

Un pari ambitieux, presque casse-gueule. Alors, mission accomplie ou opération compromise ?

Un James Bond qui doit encore mériter son numéro

First Light ne met pas en scène le Bond froid, expérimenté et presque invincible que nous connaissons. Le héros n’est encore qu’une jeune recrue débrouillarde, talentueuse, mais surtout beaucoup trop téméraire pour son propre bien.

Cette origin story permet à IO Interactive de construire son propre univers, sans devoir suivre la chronologie des films ni reproduire le visage d’un ancien interprète. Bond apprend les règles du métier, découvre les coulisses du MI6 et commence progressivement à devenir l’agent 007.

L’introduction prend son temps. Beaucoup de temps. Les premières heures servent autant de tutoriel que de présentation des personnages, des gadgets et des différentes mécaniques. Le démarrage peut donc sembler étiré, surtout pour les joueurs venus chercher immédiatement des explosions, des voitures de luxe et des cocktails secoués, pas remués.

Heureusement, cette lente montée en puissance n’est pas gratuite. Elle installe correctement les enjeux et donne de l’épaisseur à un Bond encore imparfait. L’histoire alterne ensuite infiltration, enquête, rencontres mondaines et séquences d’action beaucoup plus spectaculaires. Plusieurs critiques saluent d’ailleurs la qualité de l’écriture et des performances, tout en reconnaissant que le prologue peut paraître particulièrement long.

Hitman en smoking ? Oui… mais pas complètement

Confier James Bond aux créateurs de Hitman semblait presque trop évident. Costumes impeccables, lieux luxueux, infiltration sociale, gadgets dissimulés et gardes facilement distraits : sur le papier, tout était déjà là.

On retrouve effectivement l’ADN d’IO Interactive. Certaines missions proposent plusieurs chemins, des zones interdites à contourner, des informations à récupérer et des occasions permettant de progresser plus discrètement. Les scènes mondaines, notamment, fonctionnent particulièrement bien. Bond peut observer les invités, écouter certaines conversations et pénétrer dans des endroits où il n’a absolument rien à faire ce qui, finalement, résume plutôt bien son métier.

Mais attention : 007 First Light n’est pas Hitman 4 avec une Aston Martin.

Les niveaux sont généralement plus cadrés, la narration plus présente et les possibilités moins vertigineuses que dans les immenses bacs à sable de l’Agent 47. IO Interactive privilégie ici le rythme cinématographique et l’accessibilité. Le joueur dispose encore d’une certaine liberté, mais il reste régulièrement guidé vers les scènes que le jeu souhaite lui montrer.

Ce choix rend l’expérience plus immédiate et probablement plus adaptée au grand public. En contrepartie, les amateurs de systèmes complexes et de missions rejouables à l’infini pourront rester sur leur faim. Plusieurs tests soulignent justement cette structure plus restrictive et une rejouabilité inférieure à celle de Hitman: World of Assassination.

Quand l’espionnage tourne au carnage

La discrétion constitue rarement l’unique solution. Lorsque la couverture de Bond vole en éclats et soyons honnêtes, cela arrive régulièrement le jeu bascule dans l’action pure.

Les combats rapprochés misent sur les esquives, les parades, les projections et les interactions contextuelles avec le décor. Bond utilise tout ce qui lui tombe sous la main pour assommer ses adversaires avec la classe relative d’un homme capable de transformer une bouteille, une chaise ou un accessoire de bureau en arme improvisée.

Les affrontements sont rapides et très chorégraphiés. Leur mise en scène rappelle parfois les combats de la série Batman Arkham, avec un héros mobile qui enchaîne les ennemis plutôt que de rester caché derrière une couverture.

Les fusillades sont efficaces, sans vraiment révolutionner le genre. Elles remplissent leur contrat, mais manquent parfois de précision et de profondeur face aux meilleures références du jeu d’action à la troisième personne. Leur principal intérêt vient surtout du rythme et de la possibilité de passer rapidement d’un gadget à une arme, puis au corps-à-corps.

Le jeu ne cherche donc pas à punir systématiquement le joueur repéré. Contrairement à Hitman, sortir son arme n’est pas forcément un constat d’échec : c’est parfois simplement le début de la deuxième partie du spectacle.

Q, sortez les gadgets

Que serait James Bond sans les créations légèrement absurdes du département Q ?

Montre multifonction, téléphone modifié, écouteurs, briquet ou stylo particulièrement dangereux : l’équipement accompagne aussi bien les phases d’infiltration que les combats. Certains gadgets permettent de détourner l’attention, de neutraliser un adversaire ou d’interagir à distance avec l’environnement.

Ils ne transforment pas chaque niveau en gigantesque laboratoire d’expérimentation, mais renforcent efficacement l’identité 007. Leur arrivée progressive participe également au sentiment d’évolution : le jeune agent commence avec relativement peu de moyens avant de devenir une véritable boîte à outils britannique sur jambes.

IO Interactive présente officiellement plusieurs destinations, Islande, Londres, Malte, Slovaquie, Mauritanie, Vietnam ou encore Antarctique ainsi qu’une sélection d’accessoires conçus par Q.

Une véritable tournée mondiale

L’une des grandes réussites de First Light vient de sa variété visuelle. Le jeu nous fait voyager entre installations secrètes, hôtels prestigieux, environnements glacés, soirées mondaines et destinations exotiques.

Les intérieurs constituent souvent les décors les plus impressionnants. Ils sont chargés de détails, remplis de personnages et soutenus par une excellente gestion des lumières. Les environnements extérieurs peuvent paraître un peu moins maîtrisés, mais l’ensemble possède une véritable présence cinématographique.

La réalisation sait également ralentir pour laisser respirer les scènes plus humaines avant de repartir dans le grand spectacle. Poursuites, fusillades et cascades improbables se succèdent avec une volonté évidente de reproduire le rythme d’un blockbuster Bond.

L’habillage sonore suit le mouvement. Les orchestrations combinent l’élégance traditionnelle de la franchise à des textures plus modernes, tandis que le générique d’ouverture interprété par Lana Del Rey complète cette impression de participer à un véritable épisode de la saga.

Une technique séduisante, mais pas toujours secrète

Le Glacier Engine affiche de très belles choses : visages expressifs, décors luxueux, foule dense, éclairages soignés et nombreuses animations contextuelles. Lorsque tous les éléments fonctionnent ensemble, 007 First Light possède une allure remarquable.

La situation est cependant plus nuancée sur les consoles de base.

Sur PS5 standard, le mode Performance vise les 60 images par seconde, mais au prix d’une image parfois floue et de quelques artefacts de reconstruction. Le mode Qualité améliore la présentation, mais revient à 30 images par seconde. La PS5 Pro propose une expérience sensiblement plus propre à 60 FPS grâce à une meilleure reconstruction de l’image.

Le lancement n’a pas non plus été totalement irréprochable. IO Interactive a publié plusieurs mises à jour afin de corriger des plantages, des problèmes de mémoire, des blocages de progression et certains dysfonctionnements du mode hors ligne. Le patch 1.0.5 a notamment été déployé le 15 juin 2026.

Rien qui transforme la mission en catastrophe industrielle, mais les joueurs particulièrement sensibles aux problèmes techniques auront intérêt à conserver le jeu à jour.

Spectaculaire, mais parfois trop dirigiste

007 First Light réussit son grand écart entre infiltration et blockbuster, sans atteindre la perfection dans chacune de ses disciplines.

Les meilleures missions laissent Bond observer, improviser et exploiter son environnement. Les moins convaincantes donnent davantage l’impression de suivre un couloir luxueusement décoré entre deux cinématiques. Certains puzzles sont également trop dirigés, tandis que quelques passages calmes dépassent légèrement leur durée idéale.

La campagne reste néanmoins portée par une excellente variété. Enquête, infiltration, combats, conduite, gadgets, escalade et interactions sociales se succèdent suffisamment régulièrement pour limiter la répétition. Le jeu donne souvent l’impression d’ouvrir une nouvelle boîte à jouets avant que la précédente ne commence à lasser.

La contrepartie est un ensemble moins profond qu’il n’en a parfois l’air. Toutes les mécaniques ne bénéficient pas du même niveau de finition et la grande ambition du projet menace occasionnellement sa fluidité.

8,5 / 10

Excellent

Notre verdict

007 First Light

Avec son jeune Bond convaincant, sa réalisation cinématographique et son mélange réussi d'infiltration, de gadgets et d'action spectaculaire, 007 First Light remet enfin l'agent britannique au centre du jeu vidéo. Une première mission ambitieuse et séduisante, freinée par une structure parfois trop dirigiste, quelques longueurs et une technique encore perfectible.

007 First Light réussit l'essentiel : nous faire croire, pendant une vingtaine d'heures de smoking, de gadgets et d'explosions, que James Bond avait réellement besoin de revenir dans le jeu vidéo. Mission accomplie, agent.

Les +

8
  • Une véritable ambiance James Bond
  • Une narration et une mise en scène très solides
  • Des missions et des destinations variées
  • Un mélange efficace entre infiltration et action
  • Des combats rapprochés dynamiques
  • Les gadgets de Q
  • Une excellente direction artistique
  • Un Bond plus humain et encore en construction

Les −

7
  • Une introduction particulièrement longue
  • Moins de liberté et de profondeur que dans Hitman
  • Des fusillades simplement efficaces
  • Certains passages trop dirigistes
  • Une rejouabilité limitée
  • Une image parfois trop floue en mode Performance sur PS5 standard
  • Quelques problèmes techniques au lancement

IO Interactive avait une mission particulièrement délicate : moderniser James Bond sans simplement copier les films, conserver l’élégance de la licence sans tomber dans la parodie et proposer davantage d’action sans renier son expertise de l’infiltration. Le résultat n’est pas parfait, mais il possède une qualité essentielle : il ressemble réellement à une aventure de James Bond. 007 First Light est plus dirigiste que Hitman, moins précis que les meilleurs jeux de tir et parfois trop amoureux de sa propre mise en scène. Son introduction traîne légèrement en longueur, certaines séquences manquent de liberté et la technique n’est pas totalement irréprochable sur toutes les machines. Mais lorsque Bond enfile son costume, entre sans invitation dans une réception privée, détourne un gadget de Q et termine la soirée au milieu d’une fusillade complètement disproportionnée, la magie fonctionne. IO Interactive ne décroche peut-être pas encore la licence de tuer toute concurrence, mais le studio obtient largement son permis de continuer.