Jeux Video

À la une

Caves of Qud: Diaspora — Le roguelike où vous pourrez incarner un arbre mutant et voyager sur une tortue géante

Dans Caves of Qud, on pouvait déjà posséder plusieurs bras, se cloner ou transformer ses ennemis en créatures improbables. Manifestement, cela ne suffisait pas aux développeurs. Avec Diaspora, sa première véritable extension annoncée pour le 9 décembre 2026, le roguelike de Freehold Games permettra d'incarner des animaux et des plantes mutantes, de voyager sur le dos d'immenses tortues marchandes et d'explorer un monde encore plus vivant. Un programme délicieusement étrange, accompagné d'une particularité : cette extension payante sortira elle-même en accès anticipé.

11 min de lecture 0 commentaire
Caves of Qud: Diaspora — Le roguelike où vous pourrez incarner un arbre mutant et voyager sur une tortue géante

Il existe des jeux vidéo qui se contentent de reproduire des formules éprouvées, puis il y a Caves of Qud. Un titre dans lequel la meilleure solution face à un mur peut être de le creuser, de le faire fondre ou de développer une mutation permettant de le traverser. Un univers où les plantes sont parfois douées de conscience, où les robots possèdent leurs propres histoires et où une simple rencontre avec une créature apparemment inoffensive peut transformer une expédition tranquille en catastrophe biologique.

Depuis sa sortie définitive en décembre 2024, après près de dix années d'accès anticipé sur Steam, le jeu de Freehold Games a conservé une communauté particulièrement fidèle. Son apparence volontairement austère, héritée des roguelikes traditionnels, dissimule l'un des systèmes de simulation les plus complexes du jeu indépendant. Ici, les mutations, les relations entre factions, les propriétés physiques des objets et les comportements des créatures peuvent interagir de manières franchement imprévisibles.

Le 15 octobre 2026, Freehold Games et l'éditeur Kitfox Games ont annoncé la première grande extension de Caves of Qud. Baptisée Diaspora, elle arrivera sur Steam le 9 décembre au prix annoncé de 14,99 dollars, avec plusieurs nouveautés qui risquent de pousser encore un peu plus loin les limites du raisonnable.

Et cette fois, les développeurs ont décidé que l'humanité avait probablement occupé le devant de la scène suffisamment longtemps.

Devenir un arbre mutant, une grenouille ou un chat particulièrement dangereux

Jusqu'à présent, la création de personnage de Caves of Qud reposait principalement sur deux grandes origines : les humains mutants et les True Kin, des descendants d'humains technologiquement préservés qui privilégient les implants cybernétiques aux transformations biologiques.

Diaspora ajoutera deux nouveaux génotypes : les animaux mutants et les plantes mutantes. Le changement paraît presque anodin sur le papier, mais il ouvre des possibilités assez vertigineuses dans un jeu où la morphologie d'une créature influence directement ses capacités, son équipement et ses interactions avec le monde.

Il sera notamment possible de commencer une partie sous la forme d'un chien, d'un chat, d'une grenouille, d'un caméléon, d'une liane ou même d'un arbre. Les différentes espèces disposeront de caractéristiques propres, que le joueur pourra faire évoluer grâce à de nouvelles mutations. La présentation officielle de l'extension évoque par exemple la possibilité de modifier les griffes, le museau ou la queue d'un animal, jusqu'à transformer cette dernière en appendice préhensile.

Dans un RPG classique, choisir une nouvelle race revient souvent à obtenir quelques bonus statistiques et une apparence différente. Caves of Qud fonctionne autrement. Un changement de morphologie peut affecter la manière dont un personnage porte ses objets, se déplace, combat ou utilise certaines compétences. Le studio promet d'ailleurs de nouveaux systèmes de progression adaptés à ces formes de vie.

Il faut cependant garder à l'esprit que toutes les combinaisons imaginables ne seront pas forcément disponibles dès le lancement. Freehold Games prévoit de commencer avec une sélection d'espèces animales et végétales, puis d'en ajouter pendant le développement de l'extension.

Crédit : Freehold Games / Kitfox Games

Ce qui nous laisse tout de même une perspective réjouissante : celle de découvrir si un arbre mutant constitue une meilleure stratégie de survie qu'un humain doté de quatre bras et de pouvoirs psychiques.

Des caravanes vivantes et des tortues qui transportent des marchés entiers

Diaspora ne se limitera pas à transformer son personnage en animal ou en végétal. L'extension souhaite également donner davantage de profondeur aux déplacements, aux échanges commerciaux et à la vie quotidienne des habitants de Qud.

Parmi les nouveautés annoncées figurent les caravanes de dromads, ces marchands itinérants qui sillonnent déjà les régions désertiques du jeu. Leur fonctionnement sera enrichi, avec de nouvelles interactions et la possibilité de voyager sur le dos de gigantesques créatures appelées saltbacks.

Ces immenses tortues servent littéralement de supports à des marchés ambulants. Les marchands peuvent installer leurs étals sur leur carapace et parcourir le territoire en transportant marchandises et voyageurs. Avec Diaspora, les joueurs pourront profiter de ce moyen de transport particulièrement original.

L'intérêt dépasse le simple plaisir de se promener sur une tortue géante. Dans un univers où les voyages peuvent rapidement devenir dangereux, les caravanes représentent des occasions de rencontrer de nouveaux personnages, de découvrir des marchandises rares et de suivre les mouvements des populations.

Les développeurs ont également annoncé une refonte des systèmes générant les routes et les rivières. Ces réseaux utiliseront des algorithmes plus sophistiqués afin de relier les différentes régions de manière plus cohérente. Suivre une route devrait ainsi augmenter les chances de découvrir un village, un lieu intéressant ou une autre destination plutôt que de déboucher sur une succession de cases sans véritable logique.

C'est une modification importante pour un jeu qui repose autant sur la génération procédurale que sur la construction d'un monde crédible. L'objectif n'est pas seulement de produire davantage de lieux, mais de leur donner une existence plus cohérente à l'intérieur de l'univers.

Et puis, il faut reconnaître qu'un monde dans lequel on peut voyager sur une tortue géante transportant un bazar mérite au minimum qu'on lui accorde quelques heures.

Plus de mutations, des lances et de nouvelles origines

L'extension introduira également de nouvelles possibilités de personnalisation pour les personnages qui préfèrent conserver une apparence vaguement humaine.

Les True Kin auront accès à une nouvelle origine provenant des Great Rondures, une civilisation installée sur l'océan d'Iber. Cette provenance s'accompagnera de nouvelles castes, parmi lesquelles Propeller, Starsteer, Man of Kelp et Delphine. De quoi diversifier les profils de départ et les possibilités de progression.

Côté combat, Diaspora ajoutera les lances, accompagnées de leur propre arbre de compétences. Leur particularité sera de permettre d'attaquer à deux cases de distance, offrant ainsi une nouvelle manière de gérer le placement des ennemis dans les affrontements au tour par tour.

Crédit : Freehold Games / Kitfox Games

Cela peut sembler modeste, mais la portée d'une arme possède une importance considérable dans un roguelike où chaque déplacement compte. Pouvoir toucher un adversaire avant qu'il ne se retrouve au contact peut modifier complètement l'issue d'un affrontement, surtout lorsque cet adversaire possède une capacité particulièrement désagréable.

De nouvelles créatures et de nouveaux objets feront également leur apparition, notamment pour accompagner les espèces animales et végétales. Le studio promet des équipements adaptés à certaines parties du corps et des mutations supplémentaires destinées à enrichir les possibilités de construction des personnages.

Pour ceux qui connaissent déjà Caves of Qud, l'intérêt de ces ajouts réside principalement dans leurs interactions potentielles. Le jeu ne fonctionne pas comme une succession de fonctionnalités isolées. Ses systèmes se combinent, parfois de manière inattendue, et c'est précisément cette capacité à produire des situations émergentes qui a fait sa réputation.

Ajouter de nouvelles espèces, de nouvelles capacités et des armes différentes revient donc potentiellement à multiplier les situations que les joueurs pourront rencontrer, bien au-delà des seules nouveautés visibles dans une bande-annonce.

Pourquoi une extension en accès anticipé pour un jeu déjà terminé ?

C'est probablement le choix le plus surprenant de cette annonce. Caves of Qud a officiellement quitté son accès anticipé en décembre 2024, mais sa première extension va reprendre exactement ce modèle de développement.

Freehold Games explique cette décision par la complexité particulière de son jeu. Avec autant de systèmes interconnectés, tester toutes les interactions possibles en interne devient extrêmement difficile. L'accès anticipé permet donc de soumettre progressivement les nouvelles mécaniques aux joueurs, de recueillir leurs retours et de corriger les comportements imprévus.

Le studio assume également un rythme de production relativement lent. Plutôt que de fixer une date définitive et de risquer de réduire ses ambitions pour respecter un calendrier, il préfère développer Diaspora sur la durée, avec des mises à jour régulières.

Selon les informations publiées sur la fiche Steam de l'extension, l'accès anticipé devrait durer approximativement un an, sans engagement ferme. Les développeurs souhaitent retrouver un fonctionnement proche de celui qui a accompagné le jeu principal, avec des ajouts parfois hebdomadaires ou mensuels selon l'ampleur des fonctionnalités en préparation.

Cette approche implique toutefois une contrepartie importante pour les acheteurs : Diaspora ne sera pas une extension terminée le 9 décembre. Certaines fonctionnalités arriveront progressivement et les développeurs préviennent que les mises à jour pourront s'accompagner d'instabilités.

Parmi les contenus prévus ultérieurement figurent notamment une nouvelle série de quêtes consacrée aux migrations dans Qud, de nouvelles factions humanoïdes, des villages souterrains, des donjons de grande taille et des caravanes itinérantes encore plus impressionnantes.

Les Foxen et les Snailfolk, deux nouvelles factions, font ainsi partie des nouveautés prévues pendant le développement. Une trame narrative consacrée à Je'ome the Bounty, un dromad particulièrement singulier, doit également être ajoutée.

Il faudra donc distinguer ce qui sera effectivement jouable en décembre de ce qui constitue encore une ambition pour 2027. Pour une extension payante, cette transparence est plutôt bienvenue.

Caves of Qud, ou l'art de rendre un monde vraiment vivant

Si Diaspora mérite qu'on s'y intéresse, c'est aussi parce que Caves of Qud occupe une place assez particulière dans le paysage des RPG indépendants.

Là où beaucoup de jeux misent sur l'accumulation de contenu, Freehold Games privilégie depuis longtemps la profondeur des interactions. Les personnages non joueurs possèdent leurs propres caractéristiques, les factions entretiennent des relations complexes et les objets répondent à des règles physiques qui peuvent provoquer des situations inattendues.

Dans cet univers, un mur peut être détruit, fondu ou traversé grâce à une mutation appropriée. Une créature peut devenir un allié, être contrôlée mentalement ou provoquer une catastrophe simplement parce que ses capacités interagissent avec l'environnement.

Cette liberté explique pourquoi les parties peuvent prendre des directions totalement différentes. Deux joueurs débutant avec des personnages similaires peuvent finir par vivre des aventures qui n'ont pratiquement plus rien en commun après quelques heures.

Diaspora pousse cette philosophie encore plus loin en modifiant les possibilités de départ elles-mêmes. Au lieu de simplement donner davantage de pouvoirs à un personnage humain, le jeu permettra d'aborder le monde depuis le point de vue d'espèces qui, jusqu'à présent, appartenaient surtout à son bestiaire.

L'idée est intéressante parce qu'elle transforme des éléments du décor en protagonistes potentiels. Dans Caves of Qud, un arbre n'est pas nécessairement une simple ressource, et une créature apparemment insignifiante peut posséder une histoire, des compétences et des ambitions.

Cette manière de concevoir un monde rejoint une certaine tradition du jeu de rôle sur table, où les règles deviennent avant tout des outils permettant de raconter des histoires improbables. Le jeu vidéo moderne utilise souvent le terme sandbox, mais rares sont les productions capables d'aller aussi loin dans la liberté offerte au joueur.

Une sortie le 9 décembre, avec quelques précautions

Caves of Qud: Diaspora est annoncé pour le 9 décembre 2026, au tarif de 14,99 dollars. Aucun prix définitif en euros n'est encore communiqué et le studio indique qu'il pourrait conserver ce tarif ou l'augmenter légèrement lors de la sortie complète.

L'extension sera proposée sur Steam et nécessitera de posséder le jeu de base. Pour l'instant, son lancement concerne les ordinateurs, avec des configurations indiquées pour Windows, Linux et macOS. Aucune disponibilité sur Nintendo Switch n'est confirmée pour le DLC à cette date, même si le jeu principal existe également sur cette console.

Autre point à connaître pour les joueurs francophones : la fiche Steam ne mentionne actuellement que l'anglais. Les développeurs travaillent sur la localisation de Caves of Qud, mais n'ont pas encore communiqué de calendrier permettant de garantir une traduction française de Diaspora dès son lancement.

Pour les amateurs de roguelikes complexes, l'annonce reste néanmoins particulièrement réjouissante. Deux ans après la sortie définitive de son jeu principal, Freehold Games ne se contente pas d'ajouter quelques donjons ou une nouvelle zone à explorer. Le studio cherche à modifier la manière dont les joueurs habitent et découvrent son univers.

Caves of Qud faisait déjà partie de ces jeux capables de produire des histoires tellement improbables qu'elles semblent avoir été inventées par un maître de jeu particulièrement inspiré. Avec Diaspora, cette capacité devrait encore s'enrichir, en offrant davantage de perspectives et de comportements possibles.

Il restera évidemment à voir comment ces systèmes fonctionneront une fois confrontés à l'inventivité parfois inquiétante de la communauté. Mais l'idée d'explorer un monde de science-fantasy sous la forme d'un arbre mutant, puis de négocier avec des marchands installés sur une tortue géante, résume assez bien ce qui rend ce jeu si particulier.

Dans Caves of Qud, devenir un arbre n'est pas une punition. C'est simplement une nouvelle manière de commencer l'aventure.

Et il faut reconnaître que, face à un secteur vidéoludique où les nouvelles classes se résument parfois à une épée légèrement différente, cette proposition possède une certaine fraîcheur.

Sources & références

Tags

Communauté

Commentaires

La discussion est ouverte

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Publication après modération