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over the hill sort demain : le jeu de 4x4 où le but n’est surtout pas d’arriver vite
Après Absolute Drift et art of rally, Funselektor change complètement de rythme. over the hill sort ce 14 octobre sur PC et propose d’abandonner chronos et podiums pour partir tranquillement dans la boue avec des 4x4 inspirés des années 60 à 80. Exploration en solo ou jusqu’à quatre joueurs, treuils, planches, météo dynamique, terrain qui se déforme, campement et grands paysages inspirés notamment du Canada et de l’Algérie : le jeu a déjà dépassé le million d’ajouts aux listes de souhaits Steam. Et son idée tient presque de l’anomalie en 2026 : faire un jeu automobile dans lequel lever le pied est parfois la meilleure stratégie.
Après art of rally, Funselektor quitte volontairement la route
Quand un studio s’est fait connaître avec Absolute Drift puis art of rally, la suite logique serait probablement de produire un jeu de voiture encore plus rapide, avec davantage de puissance, de spéciales et éventuellement quelques arbres supplémentaires contre lesquels terminer sa carrière.
Funselektor a choisi exactement l’inverse.
over the hill, développé avec Strelka Games, sort demain 14 octobre 2026 sur PC via Steam. Les versions PlayStation 5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2 arriveront plus tard en 2027. La page Steam officielle confirme désormais la date du 14 octobre, tandis que l’annonce des développeurs détaille le lancement PC et les versions consoles prévues l’année prochaine.
Cette fois, pas question de chercher à gagner trois dixièmes dans une épingle finlandaise. Le studio présente over the hill comme un jeu d’exploration tout-terrain, construit autour du plaisir de conduire, de trouver un passage et d’observer le paysage plutôt que de battre quelqu’un.
Ce qui, dans un jeu automobile, est presque suspect.
Un million de joueurs ont déjà envie d’aller s’embourber
Le concept semble en tout cas avoir trouvé son public avant même sa sortie. Funselektor et Strelka annonçaient au printemps avoir dépassé le million d’ajouts aux listes de souhaits Steam, un chiffre également rapporté par PC Gamer lorsque les développeurs avaient organisé un playtest pour célébrer le cap. PC Gamer confirmait alors le million de wishlists Steam.
C’est beaucoup pour un jeu indépendant dont le pitch consiste essentiellement à rouler doucement dans la campagne avec un vieux 4x4.
Mais justement, la proposition tranche avec une bonne partie du marché automobile. Forza Horizon transforme le monde en gigantesque festival. Gran Turismo célèbre le pilotage et la précision. SnowRunner demande régulièrement au joueur de déplacer douze tonnes de métal dans une forêt capable d’avaler un camion jusqu’au pare-brise.
over the hill se situe quelque part entre simulation de franchissement, road trip et jeu contemplatif.
Dans sa présentation officielle, Funselektor résume d’ailleurs le jeu comme une aventure où « le voyage » compte davantage que l’arrivée. Le site promet la possibilité de choisir son itinéraire, d’explorer à son rythme et même de simplement profiter du décor lorsque l’envie de transformer son différentiel en exercice de mécanique disparaît.
Les voitures viennent de l’âge d’or du tout-terrain
Le garage s’inspire des 4x4 des années 1960 à 1980, sans chercher à reproduire directement toutes les marques sous licence. L’esthétique low-poly très reconnaissable de art of rally revient, mais avec une vue beaucoup plus proche du véhicule et des environnements nettement plus ouverts.
Le joueur devra apprendre à lire le terrain plutôt qu’à suivre simplement une route. Une pente trop importante, une zone boueuse ou un passage mal choisi peut bloquer le véhicule. On peut alors jouer avec les rapports courts, utiliser un treuil, poser des planches ou profiter de l’aide d’un compagnon en coopération pour retrouver un peu de dignité automobile. La présentation officielle reprise par Gematsu détaille ces outils de franchissement et la coopération jusqu’à quatre joueurs.
Le jeu intègre également une déformation du terrain, une météo dynamique et un cycle jour/nuit. Ce sont des éléments importants parce que over the hill ne repose justement pas sur une succession de circuits : la difficulté vient du monde lui-même.
La pluie transforme une piste.
Une montée peut devenir beaucoup moins amusante.
Et les pneus commencent soudainement à négocier leur contrat de travail.
Canada d’un côté, Algérie de l’autre
Pour éviter de parcourir éternellement la même forêt humide, le jeu s’appuie sur plusieurs régions inspirées de lieux réels. Au lancement, Funselektor annonce plusieurs zones réparties notamment entre le Canada et l’Algérie.
La région canadienne avait été montrée très tôt dans le développement, avec forêts, lacs, reliefs et pistes boueuses. L’Algérie a été dévoilée plus tard et adopte une ambiance presque opposée : plateaux arides, vallées sablonneuses, ruines anciennes et même météorites à découvrir. L’annonce du million de wishlists présentait justement la région algérienne et ses paysages désertiques.
Cette variété devrait surtout donner un intérêt mécanique aux différents environnements. Un véhicule parfaitement à l’aise dans la boue ou la végétation n’a pas nécessairement le même comportement sur des pentes sèches ou des surfaces rocheuses.
Et contrairement à un jeu de course traditionnel, le raccourci évident n’est pas toujours le meilleur.
Parfois, contourner la montagne pendant dix minutes est effectivement plus rapide que passer vingt minutes à découvrir toutes les utilisations possibles du treuil.
Ce n’est pas SnowRunner en version kawaii
La comparaison avec SnowRunner et MudRunner est évidemment inévitable. Les outils, la boue, les rapports courts et l’attention portée au terrain sont suffisamment proches pour que le rapprochement saute immédiatement aux yeux.
Mais les premières prises en main décrivent quelque chose de sensiblement moins industriel. The Drive qualifiait sa démo d’expérience tout-terrain capable de « faire baisser la tension », tout en confirmant la présence de systèmes familiers aux amateurs de SnowRunner, comme les rapports courts et le treuil.
L’objectif n’est pas de livrer une citerne de carburant de 18 tonnes à une scierie perdue dans un marécage russe.
On explore, On cherche des passages, On photographie, On débloque des véhicules et des améliorations.
On peut même s’arrêter autour d’un feu de camp avec les autres joueurs.
Cela ne veut pas dire que tout sera facile. Les démonstrations ont déjà montré des véhicules coincés, renversés ou parfaitement incapables de franchir une pente qui paraissait pourtant extrêmement raisonnable trente secondes auparavant.
Mais la punition ne semble pas être le cœur de l’expérience.
Une sorte de jeu « cozy » pour ceux qui préfèrent un différentiel à une ferme
Nous avons eu le farming cozy.
La cuisine cozy.
La pêche cozy.
La décoration cozy.
Il fallait probablement que quelqu’un invente le franchissement tout-terrain cozy.
over the hill n’utilise pas réellement cette étiquette comme argument unique, mais son rythme et son esthétique en possèdent clairement plusieurs caractéristiques : musique discrète, paysages stylisés, progression libre, coopération et absence d’obsession pour le classement.
La grande différence, c’est que votre jolie activité relaxante implique parfois de bloquer quatre roues motrices dans trente centimètres de boue.
Mais chacun possède sa propre définition du bien-être.
PC Gamer décrivait déjà le jeu comme une expérience destinée aux personnes qui aiment réellement conduire plutôt que simplement aller vite. C’est probablement la meilleure manière de comprendre ce que cherche Funselektor : reproduire cette satisfaction particulière consistant à réussir un passage compliqué simplement parce qu’on a correctement choisi sa trajectoire.
Les portails évitent de transformer l’exploration en simple promenade
Le jeu contient tout de même une structure de progression. Les environnements recèlent des objectifs et des points d’intérêt ; leur découverte permet d’obtenir des véhicules, améliorations, équipements et éléments cosmétiques.
Plus original : le monde contient également des portails permettant d’accéder à de nouvelles zones. Funselektor décrit ces portails comme l’un des moyens de progresser entre les différentes régions.
On trouve aussi des cabanes, points de vue, éléments naturels, animaux et objets plus inhabituels à repérer. L’appareil photo sert notamment à remplir un compendium consacré à la faune, en plus du classique mode photo permettant d’immortaliser un coucher de soleil juste avant que votre 4x4 ne glisse lentement au fond d’un ravin.
Ce système devrait donner un but aux escapades sans transformer chaque déplacement en checklist Ubisoft avec 187 icônes flottant au-dessus des arbres.
Du moins, c’est l’idée.
Le jeu complet permettra de vérifier si l’exploration conserve réellement sa spontanéité après quinze heures.
Quatre joueurs, quatre fois plus de solutions brillantes pour empirer la situation
Le jeu est entièrement jouable seul, mais la coopération semble particulièrement adaptée au concept.
Jusqu’à quatre joueurs peuvent parcourir les régions ensemble. Ils peuvent s’aider avec les équipements, choisir différentes trajectoires ou probablement réaliser l’expérience scientifique universelle consistant à vérifier si deux véhicules embourbés peuvent en sortir un troisième.
La réponse risque régulièrement d’être non.
L’équipe présente la coopération comme quelque chose de volontairement souple : pas besoin de transformer chaque sortie en opération militaire. Les joueurs peuvent travailler ensemble sur un obstacle puis repartir explorer de leur côté.
Cette approche paraît particulièrement adaptée au genre. Le tout-terrain possède naturellement ce mélange entre aventure sérieuse et situations ridicules où le plan parfaitement logique du groupe se termine avec un véhicule sur le toit.
L’amitié sera probablement testée.
Le treuil aussi.
Un prix raisonnable et aucune précommande
Funselektor a choisi une tarification relativement simple. Le studio annonce un prix américain de 24,99 dollars et une réduction de lancement, avec tarification régionale sur Steam. Il n’y aura pas de précommande. Une bande-son à 9,99 dollars et un Supporter Pack au même prix seront proposés séparément ; ce dernier regroupe principalement des cosmétiques, des cartes imprimables et des fonds d’écran.
Le prix français final devra être vérifié lors de l’ouverture des ventes demain plutôt que de pratiquer l’ancestral rituel journalistique consistant à remplacer $ par € et espérer que personne ne regarde.
La version PC propose par ailleurs une interface en français, confirmée par la fiche Steam.
Les joueurs consoles devront en revanche patienter jusqu’en 2027, sans date plus précise pour le moment. Aucun élément disponible aujourd’hui ne permet d’annoncer laquelle des versions PS5, Xbox Series ou Switch 2 arrivera en premier.
Et les performances ? Le minimalisme visuel ne veut pas forcément dire petit PC
Le style graphique peut donner l’impression d’un jeu extrêmement léger. Les textures sont volontairement épurées et les véhicules utilisent une esthétique stylisée.
Pourtant, le moteur doit gérer de vastes paysages, beaucoup de végétation, la physique des véhicules, les ombres, les effets météorologiques et surtout le terrain.
Il ne faut donc pas juger uniquement la charge graphique au nombre de polygones présents sur un rétroviseur.
La fiche Steam actuelle demande notamment un Core i5-7400 ou Ryzen 5 2600, 8 Go de mémoire et une GeForce GTX 1070 ou Radeon RX 5600 au minimum.
Ce n’est pas monstrueux en 2026, mais c’est davantage que ce que l’apparence minimaliste pourrait laisser penser.
La compatibilité Steam Deck n’est pas encore officiellement validée sur la fiche consultée. Lors d’un échange avec la communauté en juin, les développeurs avaient néanmoins indiqué vouloir la prendre en charge. Il vaut donc mieux attendre des tests de la version finale avant de considérer le jeu comme parfaitement adapté au Deck.
Un jeu de voiture qui demande de désapprendre le réflexe d’accélérer
Ce qui rend finalement over the hill intéressant à quelques heures de sa sortie n’est ni son nombre de véhicules ni sa simulation de boue.
C’est sa relation à la vitesse.
Le jeu automobile nous apprend généralement une règle extrêmement simple : plus vite = mieux.
Même les mondes ouverts automobiles remplissent l’écran de chronos, radars, courses et classements qui nous rappellent constamment que quelqu’un quelque part est arrivé 0,38 seconde avant nous.
over the hill essaie d’utiliser la voiture pour autre chose.
Le plaisir ne vient pas uniquement du moteur.
Il vient de la route que l’on trouve.
Du paysage que l’on découvre.
Du franchissement qui paraissait impossible.
Et probablement du copain qui assure depuis cinq minutes que « ça passe largement » avant de faire basculer son 4x4 dans une rivière.
Si Funselektor réussit à conserver l’équilibre entre simulation, exploration et détente aperçu dans les premières versions, over the hill pourrait donc devenir l’un des jeux automobiles les plus atypiques de l’année.
Pas parce qu’il possède la voiture la plus rapide.
Mais parce qu’il semble être l’un des rares à nous demander sérieusement : « pourquoi tu es tellement pressé ? »
Réponse demain, quelque part dans la boue canadienne.
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