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Oblivion et Ghostwire: Tokyo rejoignent le programme de préservation de GOG… mais les mods compliquent la fête

Deux jeux que tout oppose viennent de recevoir un traitement particulier chez GOG. Depuis le 15 octobre 2026, The Elder Scrolls IV: Oblivion et Ghostwire: Tokyo ont rejoint le programme de préservation de la boutique, avec des versions pensées pour rester jouables sur les PC modernes, sans DRM. Au programme : compatibilité avec les manettes récentes pour le RPG de Bethesda et disparition de l'intégration Bethesda.net pour l'aventure surnaturelle de Tango Gameworks. Mais une mauvaise surprise attend certains fans d'Oblivion : la mise à jour perturbe le fonctionnement de mods historiques. Comme quoi, préserver un jeu vidéo est parfois plus compliqué que de simplement le faire démarrer.

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Oblivion et Ghostwire: Tokyo rejoignent le programme de préservation de GOG… mais les mods compliquent la fête

Il existe des jeux auxquels on retourne régulièrement, même après avoir terminé leur histoire depuis des années. Parfois pour retrouver une ambiance particulière, parfois pour essayer un nouveau mod, ou simplement pour vérifier si les souvenirs que l'on en garde résistent encore à l'épreuve du temps. Le problème, c'est que nos ordinateurs évoluent beaucoup plus rapidement que les logiciels que nous souhaitons conserver.

Entre les changements de Windows, les bibliothèques abandonnées, les protections contre la copie et les anciens services en ligne, relancer un jeu acheté il y a quinze ou vingt ans peut parfois demander davantage de recherches que pour installer une distribution Linux particulièrement obscure.

C'est précisément ce problème que GOG souhaite résoudre avec son programme de préservation vidéoludique. Et le 15 octobre 2026, la boutique polonaise a annoncé l'arrivée de deux nouveaux titres : The Elder Scrolls IV: Oblivion – Game of the Year Edition Deluxe et Ghostwire: Tokyo.

Le premier est un monument du RPG occidental sorti initialement en 2006, tandis que le second est une aventure d'action surnaturelle commercialisée en 2022. Deux générations de jeux, deux technologies très différentes, mais une préoccupation commune : éviter qu'ils ne deviennent progressivement difficiles à utiliser.

L'annonce est intéressante, car GOG ne se contente pas d'apposer un nouveau badge sur leurs fiches. Des modifications concrètes ont été apportées aux deux titres, avec toutefois des résultats qui suscitent déjà quelques débats dans la communauté.

Oblivion retrouve enfin les manettes modernes

Visuel du jeu original, et non de son remaster. Crédit : Bethesda Game Studios / Bethesda Softworks, via GOG. Voir la fiche officielle sur GOG

On peut difficilement parler de RPG cultes sans évoquer The Elder Scrolls IV: Oblivion. Sorti en 2006 sur PC et Xbox 360, avant d'arriver sur PlayStation 3, le jeu de Bethesda proposait un immense monde ouvert, des villes vivantes, des quêtes secondaires parfois mémorables et suffisamment de donjons pour y passer plusieurs centaines d'heures.

Mais contrairement à sa version console, l'édition PC historique ne proposait pas une prise en charge native des manettes aussi pratique qu'on pourrait l'espérer aujourd'hui. Les joueurs souhaitant utiliser un contrôleur moderne devaient souvent passer par des utilitaires externes ou des modifications communautaires.

Avec la nouvelle version 1.2.0416 GOG v3, GOG annonce désormais la compatibilité avec de nombreuses manettes actuelles, notamment les modèles Xbox, Sony DualSense et DualShock 4, Nintendo Switch Pro et différents autres contrôleurs.

La boutique précise également avoir ajouté la prise en charge du branchement et du débranchement à chaud, sans nécessiter de redémarrer systématiquement le jeu. La configuration par défaut des boutons a été retravaillée, tandis qu'une fuite mémoire liée à leur réattribution a été corrigée.

Autre amélioration bienvenue : le comportement du jeu lors des changements de fenêtre avec Alt+Tab a été revu. Ce n'est pas particulièrement spectaculaire, mais ceux qui ont déjà tenté de revenir sur le bureau Windows au milieu d'une longue session d'Oblivion apprécieront probablement l'attention.

GOG indique enfin avoir vérifié la stabilité du jeu sous Windows 10 et Windows 11. Il ne s'agit donc pas d'une nouvelle version graphique ni d'un remaster, mais d'une modernisation ciblée du jeu original.

De quoi permettre, en théorie, de retrouver Cyrodiil dans des conditions plus confortables sans nécessairement installer une petite collection de correctifs avant de créer son personnage.

Une mise à jour qui fait grincer des dents chez les moddeurs

Malheureusement, l'histoire ne s'arrête pas aux nouvelles manettes.

Très rapidement après la publication du correctif, plusieurs joueurs ont signalé un problème de compatibilité avec OBSE et xOBSE, des outils particulièrement importants pour la communauté de modding d'Oblivion.

OBSE, pour Oblivion Script Extender, permet d'étendre les capacités du système de scripts du jeu. Son successeur communautaire xOBSE poursuit ce travail, en offrant aux créateurs de mods des fonctions qui ne sont pas disponibles dans le jeu d'origine.

Or, ces outils dépendent étroitement de la structure interne de l'exécutable. Une modification du programme, même réalisée pour améliorer sa compatibilité avec Windows ou les manettes, peut suffire à perturber leur fonctionnement.

C'est précisément ce que des utilisateurs ont constaté avec la nouvelle version GOG. Sur les forums de la boutique et sur Nexus Mods, plusieurs témoignages indiquent que xOBSE ne reconnaît plus correctement le nouvel exécutable. Certains joueurs ont également signalé des difficultés avec NorthernUI, une modification populaire destinée notamment à améliorer l'interface et l'utilisation des manettes.

Le problème est particulièrement ironique : en voulant rendre Oblivion plus facile à utiliser sur les ordinateurs modernes, la mise à jour a temporairement compliqué la vie de ceux qui avaient déjà modernisé le jeu grâce aux mods.

Il ne faut cependant pas généraliser ces signalements. Tous les mods ne dépendent pas de xOBSE et rien n'indique que l'intégralité des installations modifiées soit devenue inutilisable.

La bonne nouvelle, c'est que le problème a été porté directement à l'attention de GOG. Sur son forum officiel, le mainteneur actuel de xOBSE a expliqué les difficultés rencontrées avec le nouvel exécutable. Un représentant de GOG lui a répondu afin de prendre contact et de travailler sur le sujet.

Au moment où cet article est préparé, aucune solution définitive publiquement confirmée ne permet toutefois d'affirmer que toutes les configurations concernées fonctionnent de nouveau correctement.

Pour les joueurs possédant une installation d'Oblivion lourdement modifiée, la prudence reste donc de mise. Avant d'appliquer la mise à jour, mieux vaut conserver une copie fonctionnelle du jeu, sauvegarder ses parties et vérifier la compatibilité des modifications indispensables à son installation.

Car découvrir après plusieurs dizaines d'heures que son aventure ne démarre plus à cause d'un changement d'exécutable reste une expérience assez peu agréable, même lorsqu'on apprécie les surprises proposées par les RPG Bethesda.

Une petite subtilité pour ceux qui veulent jouer en français

Autre point qui mérite d'être signalé : la gestion des langues dans les différentes éditions d'Oblivion.

La fiche GOG précise que l'édition Game of the Year Deluxe, comprenant les contenus additionnels, reste proposée en anglais. En revanche, l'édition Game of the Year classique est désormais disponible avec cinq localisations, dont le français.

Les acheteurs de la version Deluxe reçoivent les deux éditions, ce qui leur permet notamment de choisir la version GOTY localisée lorsqu'ils souhaitent jouer en français.

Cette distinction évite de promettre une traduction intégrale de tous les contenus supplémentaires alors que GOG ne l'annonce pas.

La version Deluxe comprend notamment les extensions Knights of the Nine et Shivering Isles, ainsi que plusieurs contenus additionnels historiques, dont le célèbre Horse Armor Pack.

Oui, près de vingt ans plus tard, l'armure pour cheval reste toujours là. Certaines traditions vidéoludiques semblent décidément impossibles à faire disparaître.

Ghostwire: Tokyo dit adieu à Bethesda.net

Crédit : Tango Gameworks / Bethesda Softworks, via GOG. Voir la fiche officielle sur GOG

Le second jeu concerné par cette annonce appartient à une génération beaucoup plus récente.

Développé par Tango Gameworks et sorti en mars 2022, Ghostwire: Tokyo plonge les joueurs dans une capitale japonaise désertée, envahie par des esprits et des créatures inspirées du folklore local.

L'aventure mélange exploration urbaine, affrontements surnaturels et atmosphère étrange, avec des rues illuminées par les néons et des quartiers entiers vidés de leurs habitants.

Contrairement à Oblivion, Ghostwire: Tokyo n'avait pas particulièrement besoin d'une adaptation majeure pour fonctionner sur les PC actuels. Le jeu est relativement récent et bénéficie encore d'une présentation technique moderne.

Son arrivée sur GOG apporte cependant une évolution intéressante : l'intégration Bethesda.net a été retirée de cette édition.

La fenêtre de connexion au service Bethesda disparaît ainsi du menu principal. Quant au bonus normalement associé à cette connexion, il est désormais accordé automatiquement au premier lancement.

C'est une modification discrète, mais importante dans une démarche de conservation. En supprimant cette dépendance, GOG évite qu'une partie de l'expérience soit liée au fonctionnement futur d'un service extérieur.

L'entreprise précise également avoir validé la stabilité de cette édition et sa compatibilité avec Windows 10 et Windows 11.

Il faut toutefois éviter une confusion concernant Denuvo. Le système de protection controversé avait déjà été retiré d'autres versions du jeu auparavant. Son absence dans cette édition GOG ne constitue donc pas une suppression inédite réalisée spécialement pour le programme de préservation.

L'intérêt se trouve surtout dans la distribution sans DRM, la disparition de l'intégration Bethesda.net et l'engagement de maintenance pris par GOG.

Pour un jeu de 2022, cela peut sembler un peu prématuré. Mais c'est justement l'un des aspects intéressants de la démarche : attendre qu'un jeu devienne difficile à utiliser pour réfléchir à sa conservation n'est pas nécessairement la meilleure stratégie.

Le programme de préservation de GOG, concrètement, ça change quoi ?

Lancé en novembre 2024, le GOG Preservation Program cherche à garantir que certains jeux restent compatibles avec les systèmes modernes, même lorsque leurs développeurs ou leurs éditeurs ne leur apportent plus de mises à jour.

La boutique sélectionne des titres, vérifie leur fonctionnement et leur apporte, lorsque cela est nécessaire, des correctifs adaptés aux configurations actuelles.

Ces modifications peuvent concerner la gestion de l'affichage, la compatibilité avec Windows, les contrôleurs, certaines bibliothèques logicielles ou des problèmes techniques connus depuis plusieurs années.

Mais l'engagement dépasse la simple publication d'un correctif ponctuel. GOG promet de continuer à entretenir les jeux intégrés au programme afin de limiter les risques d'incompatibilité lorsque les systèmes d'exploitation évolueront.

Le principe repose également sur l'une des caractéristiques historiques de la boutique : la distribution sans DRM.

Les joueurs peuvent télécharger des installateurs hors ligne et conserver une copie des fichiers nécessaires à l'installation. Ils ne sont pas obligés de lancer GOG Galaxy pour utiliser leurs jeux.

Cela ne signifie évidemment pas que les droits d'auteur disparaissent ou qu'un acheteur possède juridiquement le code source de son jeu. Mais cette approche réduit la dépendance à un lanceur, à une connexion permanente ou à certains services d'activation.

À une époque où les questions de propriété numérique et de fermeture des serveurs prennent de plus en plus de place, cette différence possède un intérêt bien réel.

Préserver le jeu original, pas seulement lui donner un coup de peinture

L'arrivée d'Oblivion dans le programme rappelle également une distinction importante entre préservation et remasterisation.

Un remaster peut modifier les textures, les modèles 3D, les effets lumineux et parfois une partie du gameplay pour adapter un ancien titre aux goûts actuels. C'est une approche parfaitement légitime, mais elle transforme nécessairement une partie de l'œuvre originale.

La préservation poursuit un objectif différent : maintenir une version historique suffisamment fonctionnelle pour qu'elle puisse continuer à être découverte dans de bonnes conditions.

Dans le cas d'Oblivion, cela permet notamment de retrouver l'univers de Cyrodiil avec son apparence d'origine, ses animations parfois maladroites et son système de jeu caractéristique, tout en bénéficiant d'améliorations de compatibilité.

Mais la réaction des moddeurs montre que ce travail demande une attention particulière. Une modification technique destinée à corriger un problème peut involontairement perturber les outils développés par une communauté pendant des années.

La conservation d'un jeu ne se limite donc pas toujours à celle de son exécutable. Elle peut également concerner son écosystème, ses modifications communautaires, ses documentations et les outils qui permettent encore de le faire évoluer.

C'est probablement l'un des défis les plus intéressants auxquels GOG devra faire face dans les prochaines années.

Deux jeux sauvés pour longtemps ? L'engagement est là, pas la garantie absolue

Avec Oblivion et Ghostwire: Tokyo, GOG continue de développer son programme autour de jeux appartenant à des périodes très différentes de l'histoire du PC.

Le premier bénéficie d'une modernisation bienvenue, même si les problèmes rencontrés avec certains mods montrent que le travail n'est pas entièrement terminé. Le second profite surtout d'une édition débarrassée de l'intégration Bethesda.net, avec une maintenance annoncée pour les années à venir.

Ces initiatives restent positives, mais il faut éviter de les présenter comme une garantie absolue de fonctionnement éternel. Les technologies évoluent, les systèmes d'exploitation changent et certains problèmes peuvent demander des adaptations complexes.

GOG ne peut pas non plus garantir à lui seul la disponibilité de tous les contenus dépendant de services tiers, ni résoudre automatiquement les difficultés rencontrées par chaque installation fortement modifiée.

Le programme constitue donc davantage un engagement de maintenance continue qu'une assurance magique contre l'obsolescence.

Il possède néanmoins un avantage évident : quelqu'un prend publiquement la responsabilité de continuer à entretenir ces jeux, plutôt que de considérer leur avenir comme un problème laissé exclusivement aux joueurs.

Préserver un jeu vidéo, ce n'est pas simplement réussir à le lancer en 2026. C'est aussi faire en sorte qu'on puisse encore y jouer, le comprendre et le retrouver dans plusieurs années.

Et si GOG parvient à concilier cette ambition avec le travail des communautés de modding, son programme pourrait devenir l'une des initiatives les plus intéressantes pour la conservation du patrimoine vidéoludique sur PC.

En attendant, les joueurs peuvent toujours retourner explorer Cyrodiil ou affronter les esprits de Tokyo sans DRM. Mais pour ceux qui ont transformé Oblivion avec une centaine de mods, mieux vaut conserver une copie de sauvegarde avant de toucher à quoi que ce soit.

Parce que même en 2026, le véritable boss final d'un RPG Bethesda reste parfois une mise à jour.

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