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Analogue ressuscite la Super Nintendo et la Mega Drive : deux consoles 16 bits modernisées, mais pas données
Vous pensiez avoir définitivement rangé vos cartouches de Super Nintendo et de Mega Drive dans une boîte au grenier ? Analogue vient d'annoncer le retour de ses consoles rétro haut de gamme avec deux nouveaux modèles, les Super Nt+ et Mega Sg+. Au programme : compatibilité avec les jeux originaux, affichage HDMI en 1080p, manettes Bluetooth, connexion USB-C et quelques améliorations bienvenues. Les précommandes ouvriront le 19 octobre, à 219,99 dollars pièce. Une excellente nouvelle pour les collectionneurs, même si ces machines assument pleinement leur statut de produits de niche.
Il fut un temps où lancer un jeu vidéo consistait simplement à insérer une cartouche dans une console, appuyer sur Power et attendre quelques secondes. Pas de mise à jour de 80 Go, pas de compte utilisateur obligatoire et encore moins de message demandant d'accepter les nouvelles conditions générales d'utilisation avant de retrouver Sonic ou Mario. Une époque techniquement plus limitée, certes, mais qui possédait un charme devenu presque exotique.
Les années ont passé, les consoles d'origine vieillissent et les téléviseurs modernes ont progressivement abandonné les connectiques analogiques qui permettaient de les brancher facilement. Heureusement, quelques entreprises continuent de s'intéresser sérieusement à ce patrimoine vidéoludique. Parmi elles, Analogue s'est fait une spécialité de recréer des machines classiques à l'aide de composants programmables, avec une exigence particulière pour la fidélité au matériel historique.
Le 16 octobre 2026, le constructeur américain a dévoilé deux nouvelles consoles qui devraient immédiatement attirer l'attention des amateurs de 16 bits : la Super Nt+, destinée aux jeux Super Nintendo et Super Famicom, et la Mega Sg+, conçue pour les cartouches Mega Drive et Genesis. Ces deux machines prennent la relève de modèles commercialisés respectivement à partir de 2017 et 2019, devenus difficiles à trouver après l'arrêt de leur production.
La bonne nouvelle, c'est qu'Analogue ne cherche pas à réinventer entièrement une formule qui fonctionnait déjà très bien. La moins bonne, c'est que ces nouvelles versions restent relativement chères, surtout pour des appareils qui nécessitent de posséder leurs jeux séparément.
Deux consoles modernes qui n'ont pas oublié les vraies cartouches
Crédit : Analogue
Pour comprendre l'intérêt des Super Nt+ et Mega Sg+, il faut commencer par leur particularité technique : elles utilisent des FPGA, pour Field Programmable Gate Array. Derrière ce nom peu engageant se cachent des circuits électroniques capables d'être configurés pour reproduire le fonctionnement d'autres composants matériels.
Contrairement à un émulateur logiciel classique qui fait tourner un programme reproduisant le comportement d'une console sur un ordinateur ou une machine moderne, un FPGA peut recréer directement une grande partie de sa logique matérielle. Analogue utilise ici une puce Altera Cyclone V, programmée pour retrouver le fonctionnement des systèmes d'origine.
Cette approche permet notamment de respecter les particularités des anciennes consoles, leur synchronisation, certaines subtilités graphiques et le comportement des puces sonores. Elle ne signifie pas qu'aucune différence ne puisse jamais apparaître par rapport au matériel historique, mais elle offre une base particulièrement intéressante pour les joueurs attachés à une expérience fidèle.
La Super Nt+ accepte les cartouches Super Nintendo et Super Famicom, sans verrouillage régional. Analogue revendique une compatibilité avec plus de 2 200 jeux, incluant donc aussi bien les titres américains que les versions japonaises ou européennes. Les possesseurs de véritables collections peuvent ainsi retrouver leurs jeux sur un téléviseur récent sans passer par les branchements analogiques de l'époque.
De son côté, la Mega Sg+ s'intéresse à l'univers Sega. Elle prend en charge les cartouches Mega Drive et Genesis, mais également celles de la Master System grâce à un adaptateur fourni. Les amateurs de Game Gear, de SG-1000 et d'autres machines historiques de Sega pourront étendre la compatibilité à l'aide d'adaptateurs supplémentaires.
Et pour ceux qui possèdent encore un Mega-CD ou un Sega CD en état de fonctionnement, Analogue conserve la connectique permettant de brancher l'ancien module sur la Mega Sg+. Voilà une attention assez rare dans une industrie où la rétrocompatibilité se résume parfois à une poignée de jeux proposés dans un abonnement.
Bluetooth, USB-C et nouvelles habitudes : le rétro devient plus confortable
Les véritables nouveautés des modèles « Plus » se trouvent surtout dans leur confort d'utilisation. Jusqu'à présent, les anciennes Super Nt et Mega Sg exigeaient quelques accessoires supplémentaires pour profiter des commodités modernes. Cette fois, Analogue intègre directement les connexions Bluetooth et sans fil 2,4 GHz.
Les consoles peuvent accueillir jusqu'à deux manettes sans fil compatibles, notamment celles du fabricant 8BitDo. Les modèles spécialement adaptés aux machines Nintendo et Sega, comme les SN30 et M30, permettent de retrouver une disposition de boutons familière sans dérouler plusieurs mètres de câble au milieu du salon.
Les ports pour manettes filaires traditionnelles restent heureusement présents. Analogue a même prévu un système de priorité : lorsqu'une manette d'origine est branchée, elle prend automatiquement le relais sur la connexion sans fil correspondante. Un détail appréciable pour ceux qui conservent jalousement leurs contrôleurs historiques.
Autre nouveauté pratique, les machines peuvent être allumées et éteintes directement depuis la manette du premier joueur. Plus besoin de se lever du canapé pour appuyer sur l'interrupteur après une session de Street Fighter II. Ce n'est pas forcément une révolution technologique, mais les habitudes de jeu ont quelque peu changé depuis les années 90.
L'alimentation adopte également l'USB-C, accompagné d'un port USB-A destiné principalement au branchement de l'Analogue DAC ou à la recharge de contrôleurs. Attention, ce dernier ne permet pas de brancher directement n'importe quelle manette USB filaire pour jouer. Le constructeur précise explicitement cette limitation dans ses spécifications.
Les développeurs ont aussi ajouté la possibilité de changer de cartouche sans éteindre complètement la console. Il faut d'abord quitter le jeu depuis le menu, puis remplacer physiquement la cartouche. C'est une petite amélioration, mais elle évite de multiplier les cycles d'allumage et d'extinction lorsqu'on souhaite parcourir sa collection.
Du 1080p pour les jeux 16 bits, et c'est déjà très bien
Crédit : Analogue.
Sur le plan de l'affichage, Analogue reste fidèle à une philosophie relativement simple : les Super Nt+ et Mega Sg+ proposent une sortie HDMI pouvant atteindre 1080p, avec des options permettant d'adapter l'image aux écrans actuels.
Les joueurs peuvent notamment choisir différents rapports d'affichage, modifier la mise à l'échelle des pixels et appliquer des effets de scanlines afin de retrouver une partie de l'apparence des anciens téléviseurs cathodiques. L'objectif n'est pas de transformer Super Metroid ou Sonic the Hedgehog en jeux modernes, mais de présenter leurs graphismes originaux dans de bonnes conditions.
Certains seront peut-être déçus de ne pas retrouver une sortie 4K, d'autant qu'Analogue a déjà franchi ce cap avec sa console Analogue 3D dédiée à la Nintendo 64. Le constructeur assume cependant ce choix en expliquant avoir conçu ses nouvelles machines spécifiquement autour des besoins de l'affichage 2D des générations 8 et 16 bits.
Pour les puristes, la compatibilité avec l'Analogue DAC reste également au programme. Cet accessoire permet de convertir la sortie numérique en signal analogique afin de profiter des jeux sur un véritable écran cathodique, notamment les moniteurs professionnels PVM appréciés des collectionneurs.
C'est d'ailleurs l'un des intérêts de ces consoles. Elles ne cherchent pas nécessairement à remplacer les machines originales, mais plutôt à proposer une autre façon de les utiliser, avec une meilleure adaptation aux équipements modernes.
La Mega Sg+ conserve également ses options audio destinées à reproduire les différentes particularités sonores des consoles Sega. Un aspect loin d'être anecdotique lorsqu'on se souvient de l'importance des puces Yamaha dans l'identité musicale de la Mega Drive. Pour beaucoup de joueurs, retrouver Sonic sans la bonne sonorité reviendrait presque à regarder Retour vers le futur sans entendre la DeLorean.
Pas de ROM, pas de 4K et pas de sauvegardes modernes
Il faut néanmoins apporter quelques précisions importantes avant que les collectionneurs ne commencent à vider leur compte bancaire.
Malgré la présence d'un FPGA, les nouvelles consoles ne sont pas des machines universelles capables d'exécuter librement les bibliothèques de jeux de différentes générations. Les Super Nt+ et Mega Sg+ ne prennent pas en charge openFPGA, l'environnement ouvert que l'on retrouve notamment sur l'Analogue Pocket.
Elles ne permettent pas non plus officiellement de charger des fichiers ROM de jeux protégés depuis une carte mémoire. L'emplacement SD présent sur les machines sert aux fonctions système et aux mises à jour de leur firmware, pas à remplacer une véritable collection de cartouches.
Autre absence notable : les fonctions de sauvegarde instantanée, de captures d'écran, d'overclocking ou certains traitements graphiques avancés proposés sur l'Analogue 3D ne sont pas présents. Analogue présente ces limitations comme des choix cohérents avec la philosophie de ses consoles 16 bits.
Il faudra donc sauvegarder ses parties comme à l'époque, lorsque le jeu le permet, et compter sur le bon fonctionnement de la batterie interne des cartouches qui en utilisent une. Une cartouche de RPG dont la pile de sauvegarde a rendu l'âme ne retrouvera malheureusement pas ses données par magie simplement parce qu'on l'insère dans une console neuve.
Dernier détail qui mérite d'être signalé : aucun jeu n'est fourni avec ces nouveaux modèles. Les anciens utilisateurs se souviendront peut-être que la Super Nt originale incluait Super Turrican Director's Cut, tandis que la Mega Sg proposait Ultracore. Ce n'est plus le cas des versions Plus.
Les manettes sans fil présentées dans les visuels promotionnels sont également vendues séparément, avec un prix annoncé de 29,99 dollars pour les modèles 8BitDo recommandés. L'investissement initial peut donc rapidement augmenter pour quelqu'un qui ne possède ni cartouches ni accessoires compatibles.
219,99 dollars : une nouvelle chance pour les collectionneurs
Analogue annonce un tarif unique de 219,99 dollars par console, avec plusieurs déclinaisons esthétiques. La Super Nt+ sera proposée en Classic, SF et Black, tandis que la Mega Sg+ existera en versions USA, EU et JP.
Les précommandes ouvriront le lundi 19 octobre 2026 à 8 heures, heure du Pacifique, soit 17 heures en France métropolitaine. Les premières expéditions sont prévues en décembre 2026, sans date plus précise pour le moment. Le constructeur limite par ailleurs les commandes à deux exemplaires par client.
Pour les acheteurs français, le tarif de 219,99 dollars ne doit pas être interprété comme un prix final livré à domicile. Au moment de l'annonce, aucun montant officiel en euros n'est communiqué et il faudra tenir compte des frais de transport, de la TVA applicable et des éventuels frais liés à l'importation.
Analogue inclut bien une alimentation USB-C universelle compatible avec les tensions internationales, mais ses fiches techniques mentionnent une prise physique au format américain ou japonais. Les acheteurs européens devront donc vérifier s'ils disposent de l'adaptateur adapté ou d'une autre alimentation compatible.
Le prix peut sembler élevé lorsque l'on compare ces machines aux nombreuses solutions d'émulation disponibles sur PC, Raspberry Pi ou consoles portables. Mais les clients visés ne recherchent pas exactement la même chose. Il s'agit surtout de collectionneurs possédant déjà des cartouches et souhaitant les utiliser sur du matériel moderne, avec un niveau de fidélité particulièrement soigné.
Le retour des Super Nt et Mega Sg pourrait aussi avoir une conséquence intéressante sur le marché de l'occasion. Depuis l'arrêt de leur commercialisation, les premiers modèles se retrouvaient parfois à des tarifs particulièrement élevés chez certains revendeurs. Le lancement de nouvelles versions à prix officiel pourrait contribuer à détendre ce marché, même si rien ne garantit leur disponibilité à long terme.
Sur les communautés consacrées à Analogue, l'annonce suscite d'ailleurs autant d'enthousiasme que de débats. Certains saluent le retour de machines devenues difficiles à acheter, tandis que d'autres regrettent des améliorations relativement modestes par rapport aux modèles d'origine. Pour un propriétaire de Super Nt ou de Mega Sg en parfait état, les nouvelles connexions sans fil ne justifieront pas nécessairement un nouvel achat.
La cartouche physique n'a visiblement pas dit son dernier mot
Le retour de ces consoles arrive à une période où la conservation des jeux vidéo devient un sujet de plus en plus important. Entre les boutiques numériques qui ferment, les services en ligne abandonnés et les licences qui compliquent parfois l'accès aux œuvres, la possibilité d'insérer une cartouche et de jouer sans connexion conserve un attrait évident.
Cela ne signifie évidemment pas que les supports physiques soient éternels. Les composants vieillissent, les sauvegardes peuvent disparaître et certains titres restent difficiles à retrouver autrement qu'à des prix élevés. Mais pouvoir conserver son exemplaire d'un jeu et l'utiliser sur plusieurs générations de matériel constitue une forme de continuité devenue moins évidente avec les écosystèmes numériques modernes.
Les Super Nt+ et Mega Sg+ ne résoudront pas à elles seules les problèmes de préservation du patrimoine vidéoludique. Elles restent des produits haut de gamme, destinés à un public relativement restreint et dépendants d'un fabricant unique. Leur architecture fermée limite également certaines possibilités que les passionnés de FPGA ou d'émulation pourraient attendre.
Mais elles rappellent une chose assez agréable : une console peut encore être conçue autour des jeux que l'on possède déjà, plutôt que d'un catalogue dématérialisé ou d'un abonnement supplémentaire.
En 2026, Analogue propose donc de payer plus de 200 dollars pour retrouver une expérience qui tenait autrefois dans une simple boîte en plastique gris ou noir. Présentée comme ça, l'idée semble presque absurde. Pourtant, pour ceux qui ont grandi avec les musiques de Green Hill Zone, les combats de Street Fighter II ou les longues soirées passées sur Zelda: A Link to the Past, elle possède une certaine logique.
La technologie a changé, les téléviseurs aussi, mais le plaisir d'insérer une cartouche dans sa console n'a visiblement pas pris une ride.
À une époque où tout devient virtuel, il faut croire que le petit bruit d'une cartouche qu'on enfonce dans son port vaut encore quelques dollars.
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