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Necromancer: Undead Legion RPG : vos ennemis morts deviennent soit des soldats… soit des bombes

Dans la plupart des action-RPG, un ennemi mort devient essentiellement un tas de loot avec une espérance de vie de trois secondes. Necromancer: Undead Legion RPG préfère recycler. Chaque adversaire abattu peut être relevé pour rejoindre votre armée, sacrifié dans une explosion de cadavres ou utilisé pour alimenter une transformation plus puissante. Derrière ce petit jeu mobile développé en solo en Corée du Sud se cache donc une idée de game design assez maligne : faire du champ de bataille lui-même une ressource. Préinscriptions Android et précommandes iOS sont désormais ouvertes, mais le jeu reste encore en développement.

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Necromancer: Undead Legion RPG : vos ennemis morts deviennent soit des soldats… soit des bombes

Tuer un ennemi n’est que le début du problème

Le nécromancien est rarement le métier le plus subtil du catalogue heroic-fantasy. Généralement, on tue quelque chose, on le relève, puis on l’envoie poliment massacrer ses anciens collègues.

Necromancer: Undead Legion RPG essaie d’ajouter une décision supplémentaire à cette boucle.

Dans cet action-RPG mobile signé AncoachStudio, chaque ennemi abattu laisse un cadavre exploitable. Le joueur peut le transformer en serviteur mort-vivant pour augmenter progressivement son armée, mais il peut également le consommer avec une explosion de cadavre afin d’infliger immédiatement des dégâts autour de sa position.

Le développeur décrit ce principe plus précisément dans une note de game design publiée sur GameDev.net : un cadavre n’est donc pas seulement la conséquence d’un combat, mais une ressource dont l’utilisation ferme temporairement les autres possibilités. Le relever, c’est investir sur la durée. Le faire exploser, c’est privilégier le besoin immédiat.

Une séquence de gameplay publiée par le studio ajoute une troisième option : certains cadavres peuvent également contribuer à charger la Reaper Form, une transformation destinée aux situations où la bataille commence sérieusement à sentir le cercueil.

Sur mobile, où beaucoup de RPG finissent par jouer quasiment à votre place, avoir trois usages concurrents pour un ennemi déjà mort est plutôt une bonne façon de maintenir le joueur éveillé.

Même s’il commande justement des morts.

Une armée de 36 morts-vivants, mais pas un auto-battler déguisé

Le système ne repose pas uniquement sur l’accumulation de squelettes à l’écran.

La fiche officielle Google Play annonce 36 types de morts-vivants construits autour de six squelettes de base et six zombies, chacun pouvant évoluer vers deux variantes spécialisées. On retrouve différentes fonctions de mêlée, soutien, contrôle ou attaque à distance.

Le joueur reste néanmoins directement au milieu du bazar. Déplacements, attaques et téléportation sont contrôlés manuellement. Les serviteurs constituent donc une armée autour du personnage plutôt qu’une excuse pour regarder une bataille se résoudre toute seule.

Un mode d’auto-hunt facultatif existe pour les phases de farming, mais le studio affirme que les constructions de personnage et les boss continuent à demander une intervention directe.

Le système de progression possède par ailleurs quelques airs de hack'n'slash : armes, armures et accessoires disposent d’affixes et de châsses, avec 19 runes et 10 runewords à combiner. Une boucle de réincarnation permet de recommencer une vie tout en conservant certaines formes de progression afin d’aller progressivement plus loin.

Nous sommes donc davantage du côté de « petit Diablo nécromant mobile » que du jeu où l’on revient toutes les huit heures toucher l’impôt de ses squelettes.

200 niveaux et des boss qui préviennent avant de vous transformer en décoration murale

Le contenu annoncé est assez conséquent pour une production solo : 11 zones, 200 niveaux et sept gardiens squelettes sont répertoriés sur les fiches officielles.

La particularité des boss tient surtout à leur lisibilité.

Leurs attaques dangereuses sont télégraphiées au sol avant de frapper. Le développeur a même consacré un billet entier à ce système, expliquant que ce choix vient directement des contraintes du smartphone : votre doigt masque déjà une partie de l’écran, auquel il faut ajouter votre armée personnelle de morts-vivants et les ennemis encore assez inconsidérés pour être vivants.

Cercles rouges, trajectoires de charge ou zones de chute indiquent donc précisément où les coups vont arriver.

Cela peut sembler basique, mais c’est justement le genre de détail qui fait la différence entre « combat chaotique » et « mon téléphone vient encore de me tuer avec quelque chose que je n’avais aucune chance de voir ».

Ce n’est pas vraiment Necromancer RPG 2

Le titre possède déjà un ancêtre.

AncoachStudio avait publié NecromancerRPG en 2022 sur Android, puis sur iOS. La nouvelle version ne se présente cependant pas comme une simple suite utilisant le même squelette technique — oui, elle était facile.

Le développeur affirme avoir reconstruit le jeu depuis zéro sous Unity, avec une nouvelle progression, le système de 36 morts-vivants, les runes, les boss et la structure roguelite actuelle. Le projet est donc davantage décrit comme une réinterprétation complète du concept original.

L'ancien jeu existe toujours sur Google Play et affiche actuellement plus de 10 000 téléchargements, ce qui permet au moins de vérifier que le projet ne sort pas complètement de nulle part.

Le studio affirme également que ce premier titre avait été sélectionné comme recommandation hebdomadaire par Google Play en Corée. Je n’ai cependant pas trouvé de source Google indépendante encore accessible permettant de vérifier cette sélection plusieurs années après ; mieux vaut donc considérer ce point comme une déclaration du développeur, et non comme un fait recoupé indépendamment.

Un dentiste qui s’est mis au développement en solo

L’histoire derrière le projet possède également son petit côté improbable.

Ingyoon An se présente publiquement comme dentiste et développeur solo. Selon son propre récit de développement, il a commencé à programmer avant de publier son premier NecromancerRPG en 2022, puis a décidé de reconstruire entièrement le concept.

Les boutiques confirment en tout cas qu’il s’agit bien d’un projet porté par un développeur individuel : l’App Store référence Ingyoon An comme développeur et AncoachStudio comme détenteur du copyright, tandis que Google Play identifie Ancoach Studio comme éditeur.

Le jeu propose aussi 15 langues, dont le français, l’anglais, le coréen, le japonais, l’allemand, l’espagnol, le hindi et le thaï.

Pour un développement solo, traduire quinze langues est déjà le genre de décision qui fait se demander si le véritable pouvoir surnaturel du projet n’est pas la résistance au manque de sommeil.

Préinscriptions ouvertes, mais gare à la date du 14 janvier

Sur Android, la préinscription est ouverte sur Google Play. Le studio annonce 600 gemmes offertes au lancement aux joueurs préinscrits. Ce bonus apparaît également dans les communications associées à l’ancien jeu et dans le devlog consacré à l’ouverture des inscriptions.

Sur iPhone, la précommande est maintenant disponible sur l’App Store. La fiche européenne consultée affiche actuellement 6,99 € et une disponibilité attendue le 14 janvier 2027. Elle précise aussi que le jeu sera jouable hors ligne et sans publicité dans sa version iOS.

Mais prudence avec la date.

Les propres communications du développeur présentent le 14 janvier 2027 comme une date iOS provisoire, et non comme la confirmation d'un lancement Android simultané. Aucune date Android ferme n’est actuellement annoncée.

Mieux vaut donc éviter le traditionnel « sortie mondiale le 14 janvier » que l’on retrouverait ensuite copié partout jusqu’en 2043.

Il reste surtout à voir si l’armée reste lisible une fois l’écran rempli

Le principe est séduisant sur le papier.

Commencer avec quelques squelettes, transformer progressivement les ennemis éliminés en nouvelle force de frappe, puis décider si le prochain corps doit rejoindre l’armée ou exploser au milieu du groupe adverse crée une boucle simple à comprendre et potentiellement intéressante à optimiser.

Le développeur a d’ailleurs publié une séquence de gameplay non montée d’un niveau précoce dans laquelle l’armée passe de trois Boneblades à une légion beaucoup plus dense au cours du même étage.

Reste l’inévitable problème du jeu mobile rempli de créatures : à partir de combien de squelettes ne regarde-t-on plus vraiment un combat, mais une manifestation syndicale d’ossements ?

C’est précisément le genre de question qu’il faudra juger manette virtuelle en main.

Car pour l’instant, le jeu n’est pas encore disponible publiquement dans sa version finale, et l’essentiel des informations détaillées provient naturellement du développeur, de ses vidéos et des fiches préparées pour les stores. Il n’existe pas encore suffisamment de tests indépendants pour évaluer l’équilibrage, les contrôles tactiles, la progression à long terme ou la monétisation de la version Android.

Au moins, le concept tient en une phrase

Il existe une quantité respectable de RPG mobiles que l’on pourrait intervertir sur une capture d’écran sans que grand monde ne remarque quoi que ce soit.

Necromancer: Undead Legion RPG possède au moins une identité mécanique immédiatement compréhensible : ce que vous venez de tuer reste utile.

Vous pouvez transformer le mort en investissement, en munition ou en énergie pour votre prochaine montée en puissance.

Ce n’est pas une révolution du RPG, et il faudra attendre une version réellement jouable pour savoir si le concept tient pendant 200 niveaux. Mais pour un jeu solo indépendant qui doit lutter contre plusieurs centaines de sorties mobiles chaque semaine, avoir une mécanique que l’on peut expliquer sans sortir un diagramme de monétisation est déjà plutôt bon signe.

Et puis transformer ses ennemis en personnel après leur mort reste probablement la stratégie de recrutement la plus agressive observée cette semaine.

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