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Arc Browser ferme définitivement en décembre : deux mois pour sauver vos onglets et vos données

C'est la fin d'un navigateur qui avait pourtant réussi à bousculer nos habitudes. The Browser Company vient d'annoncer la fermeture définitive d'Arc le 22 décembre 2026, sur Windows comme sur macOS. Plus question de simplement arrêter les mises à jour : le logiciel deviendra inutilisable et les comptes seront désactivés. Son successeur, Dia, reprend une partie de ses fonctionnalités, mais mise désormais sur l'intelligence artificielle. Pour les utilisateurs d'Arc, une priorité s'impose : récupérer leurs onglets, favoris et données avant qu'il ne soit trop tard.

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Arc Browser ferme définitivement en décembre : deux mois pour sauver vos onglets et vos données

Il fut un temps où essayer un nouveau navigateur Internet représentait presque une aventure. On découvrait une interface différente, de nouvelles fonctions et parfois une autre manière de parcourir le Web. Aujourd'hui, Chrome, Firefox, Edge et Safari occupent une bonne partie du paysage, et les alternatives doivent redoubler d'imagination pour se faire une place.

C'est précisément ce qu'avait réussi à faire Arc Browser. Développé par The Browser Company, ce navigateur avait séduit une communauté de passionnés grâce à son interface originale, ses onglets verticaux, ses espaces de travail et sa manière de transformer une simple fenêtre en véritable outil d'organisation.

Mais cette aventure touche officiellement à sa fin. Le 22 octobre 2026, The Browser Company a publié un message intitulé A farewell to Arc , annonçant l'arrêt définitif du logiciel deux mois plus tard.

Et contrairement à ce qui arrive habituellement lorsqu'une application cesse d'être maintenue, les utilisateurs ne pourront pas simplement continuer à employer tranquillement leur ancienne version. Arc sera désactivé, les comptes fermeront et une migration deviendra indispensable.

Arc voulait réinventer le navigateur, pas simplement concurrencer Chrome

Ce qui rendait Arc intéressant ne tenait pas forcément à son moteur technique. Comme de nombreux navigateurs modernes, il reposait sur Chromium, le projet open source utilisé notamment par Google Chrome et Microsoft Edge.

Capture réelle d'Arc sur macOS, montrant sa barre latérale et ses onglets verticaux. Source : Popular Science, 2023.

Sa véritable originalité se trouvait dans son interface. Arc avait choisi de placer les onglets dans une barre latérale et de les organiser autour d'espaces de travail personnalisables. On pouvait conserver ses sites professionnels dans un espace, ses loisirs dans un autre et retrouver ses favoris sans multiplier les fenêtres.

Le navigateur introduisait également une distinction entre les onglets temporaires et ceux que l'on souhaitait conserver, avec des fonctions permettant de travailler sur plusieurs pages simultanément. Cette organisation avait quelque chose de rafraîchissant à une époque où ouvrir vingt-cinq onglets dans Chrome finit généralement par transformer la barre supérieure en une collection de favicons minuscules.

Arc n'était pas parfait. Sa prise en main demandait un petit temps d'adaptation, certaines fonctions étaient plus abouties sur Mac que sur Windows et sa dépendance à un compte utilisateur ne plaisait pas à tout le monde. Mais il avait au moins le mérite d'essayer autre chose.

Certaines de ses idées ont d'ailleurs progressivement trouvé leur place dans d'autres navigateurs. Les onglets verticaux, les groupes d'onglets et les espaces de travail sont devenus des arguments importants pour des logiciels qui cherchent à mieux organiser la navigation.

C'est donc assez ironique de voir disparaître l'un des navigateurs qui avait contribué à remettre ces fonctions au goût du jour.

Le 22 décembre, Arc ne fonctionnera plus sur Windows et Mac

L'annonce officielle est particulièrement claire. Depuis le 22 octobre 2026, il n'est déjà plus possible de créer de nouveaux comptes Arc. Les utilisateurs existants peuvent encore ouvrir le logiciel et retrouver leurs données, mais cette période de transition ne durera que deux mois.

Le 22 décembre 2026, Arc cessera de fonctionner sur macOS et Windows. Les comptes seront désactivés et les données personnelles qui leur sont associées seront supprimées dans un délai de trente jours, selon les engagements publiés par l'entreprise.

Il ne s'agit donc pas simplement d'une fin de support technique. Un navigateur abandonné peut parfois continuer à fonctionner pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, même si son utilisation devient progressivement risquée à cause de l'absence de correctifs de sécurité. Dans le cas d'Arc, The Browser Company annonce explicitement l'impossibilité de continuer à utiliser l'application.

Cette différence est importante, surtout pour ceux qui en ont fait leur navigateur principal. Les nombreux onglets ouverts, les espaces de travail, les favoris et les informations de connexion représentent parfois plusieurs années d'organisation personnelle.

Et comme Arc exige un compte utilisateur pour fonctionner, sa fermeture rappelle aussi l'une des faiblesses des logiciels fortement liés à une infrastructure distante : une application installée sur notre ordinateur peut devenir inutilisable parce que son éditeur décide d'arrêter le service associé.

The Browser Company explique cette décision par les exigences croissantes de sécurité des navigateurs modernes. Maintenir un logiciel capable d'afficher des sites potentiellement malveillants demande des correctifs réguliers, une surveillance continue et des équipes spécialisées. L'entreprise préfère désormais concentrer ces ressources sur son nouveau navigateur.

Arc Search disparaît aussi progressivement sur mobile

La fermeture ne concerne pas uniquement les ordinateurs. Arc Search, la déclinaison mobile du navigateur, va également perdre plusieurs fonctionnalités importantes.

À partir du 23 novembre 2026, les applications iOS et Android ne proposeront plus Browse for Me, cette fonction qui permettait de générer une réponse à partir de plusieurs pages Web. Les autres fonctionnalités d'intelligence artificielle seront également désactivées.

Les utilisateurs ne pourront plus se connecter à leur compte Arc ni synchroniser leurs onglets entre leurs appareils. Cela signifie notamment qu'une personne utilisant Arc sur ordinateur et Arc Search sur son téléphone perdra les fonctions qui permettaient de retrouver facilement une session d'un écran à l'autre.

Sur iPhone, Arc Search continuera toutefois de fonctionner sous une forme allégée, comme un navigateur local dépourvu de ses principales fonctionnalités connectées. La situation est différente sur Android : le 22 décembre, l'application sera abandonnée et retirée du Google Play Store.

L'éditeur invite donc les utilisateurs mobiles à exporter leurs onglets avant les premières suppressions de fonctionnalités, plutôt que d'attendre la fermeture complète du service.

Ce calendrier laisse encore un peu de temps pour s'organiser, mais il demande une certaine vigilance si l'on utilise Arc quotidiennement sur plusieurs appareils.

Comment récupérer ses données avant la fermeture ?

C'est évidemment la question la plus importante pour les utilisateurs concernés. Heureusement, The Browser Company a ajouté une fonction d'exportation dans les dernières versions d'Arc, afin de faciliter la récupération des espaces et des onglets.

Sur macOS, il faut ouvrir le menu Arc, accéder aux réglages du navigateur, puis à la section Advanced. Une option Export Data permet alors d'enregistrer les données exportables dans un fichier. Sur Windows, on retrouve cette possibilité dans les paramètres, accessibles notamment avec le raccourci Ctrl + ,, puis dans la section avancée consacrée à l'exportation des espaces et des onglets.

Ce fichier permet notamment de conserver une liste des pages ouvertes et de l'organisation des espaces. Il ne faut cependant pas le considérer automatiquement comme une sauvegarde complète de toutes les informations du navigateur. Les mots de passe, les extensions et certaines préférences peuvent nécessiter une méthode de migration différente selon la destination choisie.

La solution la plus directe consiste à utiliser Dia, le nouveau navigateur développé par la même équipe. Lors de son installation, Dia propose d'importer les données provenant d'Arc, notamment les mots de passe, l'historique, les favoris, les onglets et une partie de leur organisation.

L'importation fonctionne sur macOS et Windows. Les espaces d'Arc deviennent des profils dans Dia, tandis que les dossiers et les onglets épinglés sont repris dans les fonctions d'organisation du nouveau navigateur.

Si vous préférez migrer vers Firefox, Chrome, Vivaldi ou une autre alternative, mieux vaut d'abord exporter vos onglets et vérifier séparément les possibilités de récupération de vos favoris et identifiants. Une sauvegarde des mots de passe dans un gestionnaire indépendant peut également faciliter les futurs changements de navigateur.

Sur mobile, les utilisateurs d'Arc Search peuvent utiliser les fonctions d'exportation accessibles depuis les paramètres de l'application. Sous iOS, l'option se trouve dans les réglages ouverts depuis le sélecteur d'onglets. Sous Android, il faut passer par les paramètres puis la rubrique de stockage pour exporter les données disponibles.

Dans tous les cas, mieux vaut effectuer la sauvegarde avant le 22 décembre, puis vérifier dans le navigateur de destination que les informations importantes ont bien été récupérées.

Dia reprend les bonnes idées d'Arc, mais veut surtout devenir un navigateur à IA

Arc disparaît donc au profit de Dia, le nouveau projet de The Browser Company. Le navigateur est déjà disponible sur macOS et Windows et conserve plusieurs fonctions qui avaient fait le succès de son prédécesseur.

On retrouve notamment les onglets verticaux, les profils, les groupes d'onglets et la possibilité d'afficher plusieurs pages côte à côte. Les développeurs ont également travaillé sur l'importation des données d'Arc afin de rendre la transition moins pénible pour les utilisateurs existants.

Mais la philosophie de Dia est sensiblement différente. Là où Arc cherchait surtout à réinventer l'interface du navigateur, Dia veut intégrer l'intelligence artificielle au cœur de la navigation. Son objectif est de permettre à l'utilisateur d'interroger les pages ouvertes, de travailler à partir de documents et d'utiliser des assistants capables de comprendre différents contextes.

Cette évolution explique en partie pourquoi The Browser Company souhaite désormais concentrer ses équipes sur un seul produit. Le navigateur traditionnel devient progressivement une plateforme sur laquelle des fonctions d'IA viennent se greffer.

La bonne nouvelle est que l'utilisation de Dia ne nécessite pas obligatoirement un abonnement payant à l'intelligence artificielle. Son offre Better Browser reste gratuite et comprend les fonctions de navigation classiques, dont les profils, les groupes d'onglets et l'affichage partagé.

Les outils d'IA les plus avancés appartiennent en revanche à des formules distinctes. Sur sa page officielle des abonnements, l'éditeur affiche notamment une offre Better Answers à 20 dollars par mois et une formule Better Days à 100 dollars mensuels, avec des possibilités et des quotas différents.

Dia peut donc servir de navigateur classique sans exploiter ses fonctions d'IA. Mais cette nouvelle orientation ne conviendra pas nécessairement à tous ceux qui appréciaient Arc principalement pour son interface.

Et si l'on ne veut pas passer sur Dia ?

La fermeture d'Arc ne signifie évidemment pas qu'il faut impérativement adopter son successeur. Plusieurs navigateurs proposent désormais des fonctions similaires, avec des approches techniques et commerciales différentes.

L'une des alternatives les plus intéressantes est Zen Browser, un navigateur libre basé sur Firefox. Contrairement à Arc et Dia, qui reposent sur Chromium, Zen utilise le moteur de Mozilla et privilégie une interface organisée autour des onglets verticaux et des espaces de travail.

Le logiciel est disponible sur Windows, macOS et Linux. Il propose également des vues partagées, une personnalisation avancée et différentes fonctions destinées à faciliter la gestion d'un grand nombre d'onglets.

Zen reste toutefois un projet en bêta, avec les limites que cela implique en matière de stabilité et de compatibilité. Il ne constitue pas une copie parfaite d'Arc, mais il peut intéresser ceux qui souhaitent conserver une interface moderne sans dépendre du même éditeur.

Firefox demeure également une option solide pour qui préfère un navigateur largement établi et disposant de nombreuses extensions. Vivaldi, de son côté, se distingue par ses possibilités de personnalisation et ses outils d'organisation intégrés.

Le meilleur choix dépendra donc des habitudes de chacun. Certains privilégieront la continuité offerte par Dia, tandis que d'autres profiteront de cette fermeture pour découvrir un navigateur plus indépendant ou mieux adapté à leur manière de travailler.

Une fermeture qui pose une question sur notre dépendance aux logiciels

La disparition d'Arc est d'autant plus intéressante qu'elle intervient après le rachat de The Browser Company par Atlassian en 2025, pour un montant annoncé de 610 millions de dollars. L'entreprise qui voulait proposer une alternative originale aux géants du Web se retrouve désormais intégrée à un groupe technologique beaucoup plus important.

Dans un entretien rapporté par TechCrunch, le dirigeant Josh Miller avait déjà expliqué les difficultés rencontrées pour rendre Arc accessible à un public plus large. Malgré une communauté particulièrement attachée au produit, son interface inhabituelle demandait un effort d'apprentissage que tous les utilisateurs n'étaient pas prêts à fournir.

L'idée de publier le code source d'Arc a également été évoquée par certains utilisateurs déçus. Mais The Browser Company estime qu'une ouverture complète serait difficile, car le navigateur dépend d'une base logicielle propriétaire également utilisée par Dia.

Il ne semble donc pas question, pour le moment, de confier simplement Arc à une communauté capable de poursuivre sa maintenance.

C'est probablement l'aspect le plus regrettable de cette histoire. Un navigateur qui avait réussi à proposer une expérience différente va disparaître, alors même que certains utilisateurs auraient volontiers continué à l'utiliser sans demander de nouvelles fonctionnalités.

Cette situation rappelle que la pérennité d'un logiciel ne dépend pas uniquement de sa qualité ou de l'attachement de sa communauté. Elle dépend parfois de décisions commerciales, de priorités techniques et de choix d'organisation qui échappent complètement à ses utilisateurs.

Arc disparaît, mais ses idées resteront

Il serait exagéré de présenter la fermeture d'Arc comme une catastrophe pour l'ensemble du Web. Le navigateur n'avait jamais atteint la popularité de Chrome ou de Firefox, et plusieurs de ses fonctionnalités sont désormais disponibles ailleurs.

Mais sa disparition représente tout de même une petite perte pour la diversité des logiciels. Dans un univers où les navigateurs finissent souvent par se ressembler, Arc avait eu le courage d'expérimenter une autre façon de gérer nos onglets et nos espaces de travail.

Même ceux qui ne l'ont jamais adopté ont probablement profité indirectement de certaines de ses idées, reprises ou réinterprétées par d'autres développeurs.

Pour les utilisateurs actuels, la priorité reste beaucoup plus concrète : sauvegarder les onglets, les favoris et les informations importantes avant le 22 décembre. Ceux qui souhaitent conserver une expérience proche peuvent essayer Dia, tandis que les plus curieux pourront découvrir Zen et les autres alternatives disponibles.

Finalement, cette fermeture laisse une impression assez étrange. Pendant plusieurs années, Arc nous a expliqué qu'un navigateur pouvait devenir un véritable espace personnel, soigneusement organisé autour de nos habitudes.

Et maintenant, il nous rappelle involontairement qu'un espace numérique, même parfaitement aménagé, peut disparaître lorsque son propriétaire décide de fermer la porte.

Une bonne raison, peut-être, de garder une copie de ses données ailleurs que dans son navigateur préféré.

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